Le titre de ce livre peut être trompeur. Il s’agit en fait de la sacramentalité de l’épiscopat. L’auteur est le P. Roland Varin, appartenant à la Société Saint Jean-Marie Vianney, fondée par Mgr Guy Bagnard, dont on connait le souci pour la formation des prêtres. Tout le monde sait que c’est le concile Vatican II qui a traité pour la première fois ex professo du sujet et affirmé le caractère sacramentel du troisième degré de l’ordre (les deux premiers étant le diaconat et la prêtrise). Il semble que, surtout en Occident, la question n’a pas été claire pendant longtemps ; des courants de pensée divers ont en effet soutenu que la différence entre l’épiscopat et le presbytérat n’était que dans le domaine de la juridiction, et non du pouvoir sacramentel (ce qui veut dire qu’en cas de besoin un prêtre pourrait ordonner un prêtre, comme Luther l’a fait en son temps). On baptise cette tendance du nom de richérisme (d’Edmond Richer, un oratorien du XVIIe siècle), mais elle se trouve déjà plus ou moins chez saint Jérôme. Il faut reconnaître que la question n’est pas simple, car, si la distinction est de droit divin, on peine à la trouver dans la pratique de Jésus (appel des 12, puis des 72 ?) et dans les lettres de saint Paul. Faut-il supposer que la mission apostolique, au départ unique, se soit ensuite partagée, mais quand et comment ? L’A. ne nous aide pas beaucoup sur ce terrain, il prend l’épiscopat comme une donnée en soi, fixée depuis le début et en développe toutes les conséquences, notamment la collégialité. Notons avec satisfaction que le P. Varin a profité des travaux du P. Feuillet sur saint Jean : il lui emprunte son analyse du lavement des pieds et de la prière sacerdotale, comme moments fondateurs d’un authentique sacerdoce au sein de la Nouvelle Alliance, distinct du sacerdoce baptismal
Auteur : D.T.
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Le salut des enfants morts sans baptême (Dom Jean Pateau)
Il est des livres dont on sait la conclusion avant même de les avoir ouverts, celui de Dom Jean Pateau, le TRP Abbé de Fontgombault est de de ceux-là. Avec un titre pareil, on se doute bien que l’auteur ne va pas expédier en enfer tous les enfants non revêtus de la grâce baptismale ; on se doute aussi que la solution des limbes, perspective d’une béatitude de seconde zone, pour ceux qui n’ont pu bénéficier du salut surnaturel, ne sera pas retenue. Alors on attend qu’avec toute l’habileté dialectique dont est capable un théologien, il s’agira de montrer que, malgré le lien très clair que fait Jésus entre le baptême et le salut, il y a place pour un salut de tous ceux qui n’ont pu faire usage de leur raison et de leur volonté et qui bénéficient de la volonté universelle de salut de Dieu. L’ennuyeux, c’est qu’en utilisant l’argument qui part de la toute-puissance de Dieu pour suppléer aux médiations normales, on finit par se demander pourquoi Dieu n’a pas fait ainsi avec tout homme de tous les temps, et même pourquoi la grâce de l’immaculée conception n’a pas été impartie à chacun, ce qui eût évité bien des malheurs. Ne serait-il pas plus simple (et plus sérieux) de dire notre ignorance, et, dans les cas où n’avons plus rien à faire ni à décider, de s’en remettre à la bonté et à la sagesse de Dieu ?
