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N° 4 (ancienne série) · Janvier 1957

La Messe et la Bible


Au soir du Jeudi saint l’histoire religieuse de l’humanité s’enrichit d’un rite radicalement nouveau. Désormais, on ne eut plus comprendre ce qu’est un sacrifice sans se référer à l’offrande exemplaire que le Fils de Dieu a fait de lui-même à la Cène et au Calvaire. Désormais, Dieu est présent aux hommes d’une nouvelle manière : sa proximité dans l’Eucharistie est d’un réalisme que toute la Tradition catholique atteste. Il fallait que des mots existent, non pour élucider ces mystères, mais pour donner aux apôtres de pouvoir en apprendre l’existence, d’en entrevoir la profondeur.

Dieu avait préparé ces mots tout au long de l’Ancien Testament : d’en suivre la lente élaboration permet d’enrichir notre compréhension de l’événement du Cénacle, c’est refaire pour notre propre compte l’apprentissage que deux millénaires durant, le Peuple élu poursuivit sous la conduite du Saint-Esprit. L’article d’Henri Cazelles nous découvre comment, à travers une expérience historique dont nous pouvons retrouver les mécanismes, des gestes et des mots humains se sont chargés sous l’action de Dieu d’une plénitude de signification, qui leur permettraient, employés par le Seigneur Jésus-Christ, de traduire le mystère. Nous pourrons alors relire le récit de l’institution de l’Eucharistie et mieux en discerner la profonde richesse ; derrière les mots tant de fois lus et médités, nous ressaisirons l’inépuisable apport de la Révélation.

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