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N° 51 (ancienne série) · 4ème trimestre 1976

OUVERTURE


 » Je suis devenu le ministre (de l’Eglise) en vertu de la charge que Dieu m’a confiée à votre égard : achever l’annonce de la Parole de Dieu, le mystère tenu caché tout au long des âges et que Dieu a manifesté maintenant à ses saints. Il a voulu leur faire connaître quelles sont les richesses et la gloire de ce mystère parmi les païens : Christ au milieu de vous, l’espérance de la gloire !  » (Col. I, 25 27)

au milieu de nous, le Christ vit par une présence multiforme qui culmine dans la présence sacramentelle. Le mystère obscur désormais dévoilé nous fascine ; mais il n’est pas seulement une merveille à contempler, il se manifeste comme une œuvre qui demande une participation active à tous ceux qu’elle atteint. Œuvre divine dont la préfiguration avait été vécue dans le cadre de l’Ancienne Alliance par le peuple élu (A. Kalinowska). Œuvre humaine également puisque c’est par des signes matériels des paroles humaines et des ministres de cette terre que la cité céleste commence à se construire et à se peupler. Pourtant deux être incommensurables ne peuvent pas réaliser une tâche commune ; la conjugaison de l’humain et du divin n’est pas pensable. Disons plutôt qu’elle a un unique repère : le Verbe incarné. Le pas que Dieu a franchi par son Fils dans la Passion et la Résurrection donnent au mystère la dimension pascale qui s’actualise dans chaque sacrement (A. M. Lemaire et J. L. Albouze). Voilà le point d’appui fondamental de tout ce cahier : les sacrements sont à penser dans la logique de l’Incarnation.

Mais comment l’homme entre-t-il dans le jeu de l’économie sacramentelle ? La vie chrétienne emprunte des voies communes à toute expression religieuse ; le sacrement fait intervenir Dieu dans notre vie par un ensemble de rites, de gestes et de symboles que l’anthropologie a beaucoup étudié, et sa parole intéresse le théologien (E. Kessler et G. Bayet). La vie humaine est encore concernée par le sacrement à un double niveau : d’une part, parce qu’en célébrant le Christ, le chrétien exprime une foi dans laquelle se trouve impliquée toute sa vie (P. Durand) et de l’autre parce que ce don de Dieu vient transformer cette vie à un niveau qu’il n’est pas aisé de repérer (J. P. Fourquet).

Ces études sont donc des réflexions théologiques menées librement à propos du sacrement. Il a semblé opportun de les compléter par des articles plus brefs ou de simples fiches ramassant dans la perspective ici adoptée, l’enseignement de l’Eglise sur le septénaire sur les notions de ministérialité, d’institution, de causalité et de caractère.

Le lecteur sait que la revue Résurrection n’est pas rédigée par des théologiens de métier, mais par des chrétiens qui considèrent comme capital l’approfondissement intellectuel d’une révélation inépuisable dont ils sont avec toute l’Eglise les dépositaires. Ils y attachent du prix non pas pour le jeu de l’esprit, mais parce qu’ils y voient une chance d’échapper à la vaine lutte des idéologies. Le chrétien ne défend pas des principes, il constate simplement que sa foi lui met le pied à l’étrier, que l’annonce de la Parole n’est pas achevée, que le mystère à mesure qu’il se dévoile davantage invite à poursuivre le dialogue entre Dieu et l’homme, à vivre davantage au régime de l’alliance et du don. On trouvera souvent le mot don au fil des pages qui suivent ; il est peut être un des synonymes de mystère et de sacrement.

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