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N° 54-55 (ancienne série) · 4ème trimestre 1977
PREFACE
« La Lettre des Evêques aux Catholiques de France » a connu une diffusion qui dépasse les 2.500.000 exemplaires, preuve sans aucun doute de son intérêt pour ses destinataires : dans sa richesse si concise, elle correspondait à l’attente de beaucoup qui, en l »Eglise, accueillent le concile et veulent en suivre les applications indiquées par les Evêques eux mêmes.
Le cap missionnaire de l’Eglise n’est pas changé : témoigner de l’Absolu de Dieu dans la solidarité arec les hommes, selon les exigences élémentaires de la Foi de toujours, de l’Eucharistie de l’Eglise, et de la communion fraternelle dans l’amour du même Seigneur : tel est le contenu de La Lettre.
Son succès a peut être éclipsé d’autres documents de l’Assemblée de Lourdes, qui méritaient plus d’attention, par exemple la déclaration sur » la Catéchèse des enfants » : elle est une manière de développement autorisé de La Lettre des Evêques sur l’annonce du Christ.
Cette déclaration comporte des orientations adressées à tous les éducateurs de la Foi des enfants : ce n’est pas le lieu de les rappeler toutes ici, mais seulement quelques unes, plus en rapport avec La Lettre : elle souligne notamment que le Message chrétien » est exprimé dans le Symbole de la Foi et dans l’ensemble des pratiques qui constituent la vie des chrétiens en Eglise » ; elle renvoie à La Lettre elle même pour tous les mystères de la Révélation ; plus loin, elle écrit : » Une des manières d’assurer le lien étroit avec l’Episcopat… pourra être un nouveau » texte de référence « , … afin de servir, la fidélité à la tradition et la communion dans la Foi catholique « .
Déjà, ces dernières années, des volumes divers ont été publiés qui visent à donner des exposés de la Foi catholique : c’est que le besoin s’en fait sentir, parmi les croyants, notamment les catéchistes, dans un certain climat actuel de flottement doctrinal, pour reprendre l’image de Karl Barth : « Aujourd’hui, on flotte, et flotter ce n’est pas être libre, c’est être prisonnier de toutes les vagues qui déferlent « .
L’équipe de « Résurrection » a l’audace de présenter l’ensemble de la Foi catholique : des jeunes, la plupart étudiants, épris de théologie, se sont donnés pour tâche de rédiger tout un numéro de la Revue, pour dire l’enseignement de l’Eglise, puisé à la source de la Parole révélée, qui nous vient indissolublement par l’Ecriture et la Tradition. Le concile Vatican II dit expressément, en sa Constitution la plus dogmatique, Dei Verbum : « Il est clair que la Sainte Tradition, la Sainte Ecriture et le Magistère de l’Eglise, par une très sage disposition de Dieu, sont tellement reliés et solidaires entre eux qu’aucune de ces réalités ne subsiste sans les autres et que, toutes ensemble, chacune à sa manière, sous l’action du seul Esprit Saint, contribuent efficacement au Salut des âmes » (D. V. 10).
Ce petit volume est un loyal » essai » au service de l’Eglise : les lecteurs jugeront s’il est » transformé », comme on dit en termes de rugby ; en tout cas, les auteurs voudraient qu’il atteigne son » but « .
+ Cardinal A. RENARD
INTRODUCTION
Ai je bien fait, moi qui ne suis pas un théologien de métier, de réunir des étudiants non seulement pour les initier à la prière, ce qui est ma fonction, mais pour leur permettre de » faire de la théologie « , c’est à dire d’assimiler personnellement et systématiquement la Révélation ? Ai je eu raison de les pousser à éditer une revue pour garder trace de leurs recherches et pour les diffuser ? Ai je surtout à bon droit souhaité devant eux la confection d’une sorte de synthèse, et cru que celle ci pourrait être utile à ceux qui sont troublés par certaines remises en question et ne veulent pas rompre pour autant avec la pensée moderne ? Les lecteurs de ce travail, et peut être ceux qui l’utiliseront, en jugeront.
Les auteurs de toute façon auront eu le mérite d’apercevoir la nécessité de la théologie pour ce temps et sa possibilité pour le Chrétien un peu cultivé d’aujourd’hui. Tout le monde le dit, le renouvellement singulier des sciences humaines dans les domaines philosophique, psychologique, sociologique, historique et linguistique, pose des problèmes nouveaux, dans une certaine mesure, à ceux qui veulent penser et exprimer leur foi. Il n’y a pas motif de panique, car ceci s’est produit plusieurs fois au cours de l’histoire de l’Église et la solution de cet affrontement a été parfois bénéfique. A tout prendre, celui ci est inéluctable, si l’on veut maintenir l’actualité de la foi. Mais il y a tout de même un danger : les chercheurs, même chrétiens, ne mesurent pas toujours les conséquences de leurs hypothèses dans le domaine religieux. Ainsi les jeunes à l’âge d’acquérir une foi personnelle sont ébranlés par des doutes variés qui atteignent successivement toutes les affirmations de celle ci. Les incroyants qui s’interrogent aujourd’hui s’étonnent de ne pas recevoir de réponses claires à leurs questions. Les chrétiens, certes, ne sont plus en sécurité ; ils n’osent plus parler, ce qui est un mal. Ils répugnent tout autant à resservir les formules superficielles dont se sont contentées les générations précédentes, et à entrer dans une façon de penser qui volatilise la réalité concrète de Dieu et de Jésus Christ.
Les jeunes auteurs, au fait des différents courants de la pensée moderne qui correspondent à leurs études profanes ont expérimenté qu’il était possible de réagir. Ils ont découvert que la théologie n’était pas un savoir réservé à des spécialistes subtils, amateurs d’abstractions, de polémiques et de langage ésotérique, mais plutôt la réponse cohérente et vivante aux problèmes humains. Ils ont goûté les sources riches et belles de la Révélation et leur cohérence, et les ont confrontées avec les savoirs humains. Ils se sont étonnés de la liberté laissée par l’Église, qui sans cesse construit des synthèses avec des éléments de la pensée de chaque époque, mais ne les impose pas aux suivantes. Ils se sont eux aussi aperçu que l’esprit humain exigeait de parvenir à une certaine vision globale du dessein de Dieu et s’y sont essayés sans esprit de système ni polémique, sans essayer même de parvenir à une unanimité totale entre eux. Sur certaines questions, chacun dit sa pensée, et de ce fait le problème reste ouvert. Ils ont néanmoins travaillé en équipe, première forme de recherche en Église ; et n’ont même pas récusé l’intervention de leurs aînés, prêtres ou laïcs. Ils ont fait surtout l’expérience, grâce à l’accent mis sur le caractère de relation personnelle entre Dieu et les hommes, que la théologie ainsi comprise dynamisait singulièrement leur ferveur religieuse.
C’est pourquoi il leur est apparu juste de partager les premiers résultats obtenus avec leurs frères chrétiens, non à la manière d’un endoctrinement, même si leurs propos paraissent parfois sentencieux, mais à la façon d’un témoignage, qui s’accompagne de quelque imperfections de vocabulaire ou même de pensée, mais qui appelle à marcher dans les mêmes voies tous les Chrétiens désireux d’entrer dans la lumière et de la faire passer dans leur vie.
Mgr Maxime CHARLES
AVANT DE LIRE CE LIVRE…
Sachez que les auteurs ont voulu :
Donner à ceux qui en sentent le besoin une présentation complète de la foi catholique,
Fournir un instrument de recherche à ceux qui voudront aller plus loin,
Faire un petit ouvrage sûr et facile à consulter.
DISOSITION
Chacun des cent articles occupe deux pages.
Page de gauche : présentation
C’est une explication de ce qu’enseigne l’Eglise sur la question traitée. On a essayé d’être à la fois clair, rigoureux, et concis. La variété des auteurs a permis de conduire les exposés de la doctrine en évitant une lassante uniformité ; L’ensemble des textes a été soigneusement relu afin d’en ôter autant que possible toutes les imprécisions et les obscurités.
Page de droite : recherche et réflexion
Cinq rubriques permettent de trouver rapidement les éléments utiles ou nécessaires à une recherche approfondie.
S : Les principaux textes de l’Ecriture. Toute la théologie chrétienne est enracinée dans la Bible, vénérée par l’Eglise comme Parole de Dieu.
M : Les textes du Magistère (Conciles et Papes) définissant les vérités de foi. La mention FC indique la référence dans l’ouvrage du Père Dumeige, La Foi Catholique.
T : Des textes particulièrement éclairants : leur provenance est diverse : saints, docteurs, évêques, théologiens anciens ou modernes… On y réagira de façon variée ; on les admirera, on les critiquera peut-être, on les méditera en n’oubliant pas qu’ils sont, à des titres divers, importants.
Q : Des questions pour aller plus loin. Ce sont des pistes de recherche dont la réponse n’est pas fournie par la présentation de l’article, mais se trouve généralement dans :
B : La Bibliographie : elle offre un choix d’ouvrages utiles et clairs de préférence. Toutefois, il a paru préférable de citer certains livres un peu plus théoriques, mais vraiment fondamentaux. Le choix a été difficile et il a fallu limiter, mais on trouvera généralement :
un ouvrage assez complet mais pouvant être d’accès ardu ;
un bon livre d’initiation répondant à la plupart des problèmes posés,
un article déjà paru dans Résurrection ou une courte étude sur le sujet.
UTILISATION
Lecture
Il vaut mieux commencer par une lecture d’ensemble de l’ouvrage, ne serait-ce que pour en avoir une connaissance générale… ne vous attardez pas sur les pages de réflexion. Les articles de ce livre ont été conçus pour former un tout, permettant une lecture suivie. Ils sont denses, aussi vaut-il mieux les lire sans précipitation, en gardant en vue le panorama de la Révélation qu’ils veulent présenter.
Etude
Pour une étude plus théologique, la bibliographie générale fournit les grands instruments. Etudiez chapitre par chapitre et article par article. Cherchez les références bibliques, lisez les textes du Magistère, méditez le texte et jetez un coup d’œil sur la bibliographie. Vous pourrez alors comprendre la page de présentation, non lus en simple lecteur, mais comme quelqu’un qui pourrait participer à la rédaction d’un tel livre.
Consultation
Vous pouvez consulter cet ouvrage comme un manuel, pour lever vos doutes sur tel ou tel point de doctrine ; les occasions sont multiples, discussions amicales, groupes de prière, catéchisme, lectures… Consultez le texte de présentation, la page de travail, égarez-vous dans les bibliographies ou écrivez-nous !
Pensez à utiliser la table des matières et l’index. C’est en consultant souvent ce livre que vous apprendrez à vous en servir, et à y trouver votre bien.
Permettez-nous ce dernier conseil : un tel travail ne peut être seulement intellectuel ; il ne trouvera sa fin et son épanouissement que dans la charité, la prière et l’adoration. Que les connaissances ainsi acquises le soient pour la plus grande gloire de Dieu !
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