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N° 57 (ancienne série) · 1er trimestre 1978

OUVERTURE


Seconde étape de notre réflexion et de notre travail d’année, ce cahier plonge dans le mystère de Dieu.

Le précédent (n° 56 : L’accès à Dieu) abordait la question du point de vue de l’homme. Quelle démarche devons nous faire pour nous approcher de Dieu, découvrir son existence, fortifier notre foi et la défendre contre les attaques extérieures ? Dans sa prière quotidienne (Deutéronome 6, 4) le peuple d’Israël s’exhorte à orienter toute son attention (Écoute, Israël) et son amour ( » tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur … « ) vers Yahvé. car , Yahvé notre Dieu est l’Unique Seigneur « .

Plus que de l’homme et de son attitude croyante, il s’agit maintenant de ce Dieu unique. Que nous a t-il révélé de lui même ? Que pouvons nous dire de sa vie divine, de son attitude envers nous ? Il est clair qu’avec l’Incarnation du Verbe et le message de l’Évangile, le visage de Dieu nous apparaît de manière tout à fait nouvelle. En nous parlant maintes fois de son Père et du rôle de l’Esprit, le Christ nous a appris surtout que Dieu vivait en trois personnes, et saint Jean écrit que la vie de Dieu peut se résumer dans l’amour partagé entre elles. Mais nous laisserons pour la prochaine livraison une approche du mystère de la Trinité.

Le Dieu unique, le Créateur tout puissant n’est pas connu aujourd’hui comme sous le régime de l’Ancienne Alliance. Dans l’événement majeur de l’Incarnation rédemptrice, Dieu lui même, Dieu tout entier, s’est engagé. Par la personne du Christ, il a révélé , le mystère caché depuis les siècles en Dieu  » (Colossiens I, 26), et cette révélation a retenti en nos langages d’hommes. Sans entamer nullement la transcendance de Dieu, elle a bouleversé ce que nous pouvons savoir et dire de lui (Jean Pierre Fourquet). Comme un aspect particulier de cette problématique, nous abordons le problème de la souffrance de Dieu. Cet état, incompatible avec la divinité, ne lui est pourtant plus étranger depuis la souffrance du Christ. Mais comment échapper à l’équivoque d’une telle affirmation ? (Gabriel Nanterre).

Reste le rapport de Dieu avec les hommes et l’ensemble de l’univers. On l’éclaire d’abord par l’idée de création. Le monde et tout ce qu’il renferme vient de Dieu (Actes 14, 15 ; 17, 24) ; mais nous savons que tout à été fait par le Christ et pour lui (Gilles Bayet). C’est grâce au Christ, créateur de l’univers et premier né de toute créature que la sollicitude attentive de Dieu s’étend à chaque instant sur le monde. Sa Providence n’est rien d’autre que le bon plaisir de sa volonté, son dessein bienveillant (Ephésiens 1, 57 et 9 Paul Timoléon). La proximité entre le thème de la création et celui de la Providence est manifeste dès l’Ancien Testament. Au chapitre 8 du livre des Proverbes, le long discours de la Sagesse (en qui nous voyons se profiler l’image du Christ) en est une illustration célèbre. Tout au long du livre des Psaumes surtout, le visage de Dieu est saisissant de vie. Sa grandeur inaccessible et terrifiante n’altère nullement sa tendresse et sa miséricorde. Le peuple tour à tour chante sa magnificence, lui rend grâce pour sa délivrance et sa joie (Jean Louis Geringer et Philippe Barbarin).

L’attitude de Dieu a aussi sa dimension personnelle. Le regard miséricordieux qu’il porte sur chacun de nous, nous pénètre et nous traverse de part en part. Quand il sonde nos reins et nos coeurs, Dieu nous connaît et nous fait connaître toutes les exigences de son amour véhément (Pascale Ballet). Mais ce que nous savons de plus profond sur l’être de Dieu et sur son amour pour nous, c’est le Seigneur qui nous l’a enseigné. Dans le Notre Père, il nous ouvre au mystère du Nom, du règne et de la volonté de Dieu, et d’abord à la joie de la filiation (Claude Delibes).

En commençant son traité sur la prière, Origène exprime magnifiquement comment il est devenu possible à l’homme de comprendre quelque chose du mystère de dieu. Ce passage résume la ligne choisie par les divers articles qui suivent :

Il est des réalités qui dépassent notre entendement, elles sont trop grandes, insaisissables pour la faiblesse de notre intelligence ( … ) Qui pourra nier qu’il est impossible à l’homme de sonder les cieux ? Qui oserait dire que l’homme peut pénétrer les desseins de Dieu ? Et pourtant, ce pouvoir, Dieu nous l’accorde dans le Christ. Le Sauveur ne veut pas seulement être le maître, mais devenir l’ami de ceux dont il était le Seigneur auparavant.

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