← Rechercher dans les archives
N° 58 (ancienne série) · 2ème trimestre 1978
OUVERTURE
Une année de travail et de prières sur le mystère de Dieu s’achève avec ce cahier sur la Trinité. En marchant dernièrement sur les de Chartres, nous méditions sur le thème : » Amour de Dieu, amour des hommes « . Et le sommet de ce pèlerinage fut la messe dans la cathédrale en l’honneur de la Trinité Sainte.
Dieu en effet, notre Dieu, n’est pas seulement un unique Seigneur tout-puissant qui a manifesté sa bonté en créant à son image de chétives créatures pour lesquelles il aurait » de l’amour « . Dieu lui-même, au fond de son être est amour. Avant la création et en dehors du temps, il vit en lui-même un amour ineffable, plus merveilleux encore que toutes les merveilles dont il est l’auteur. Lorsque saint Jean écrit que » Dieu est amour « , il laisse entier le mystère de la vie divine, mais il nous dit tout sur Dieu.
C’est dans la Trinité que culmine la Révélation chrétienne. Car la recherche de Dieu est le désir le plus profond de l’être humain, la source de son bonheur le plus vrai ; et ce que le Christ nous apprend de son Père et de la vie dans l’Esprit saint, était ignoré sous le régime de l’ancienne alliance.
Pour aider le lecteur à cadrer sa réflexion théologique sur la Trinité, nous proposons au début de ce cahier trois articles de problématique. Le premier s’attaque à l’affirmation centrale et durement paradoxale de notre foi trinitaire : au niveau de l’absolu, l’Un est contemporain du trois. Dans cet article, M. Moreau passe en revue, pour l’expliquer brièvement, le langage trinitaire de la théologie. Deux articles sont ensuite consacrés au thème de la paternité et de la relation de filiation en Dieu (I. Houen) et à la découverte de l’Esprit de vie au carrefour des Écritures (F. Boye).
Dans une partie touchant à l’imprégnation trinitaire de la spiritualité chrétienne, nous avons l’honneur de reproduire le texte d’une conférence donnée récemment par le R.P. M. J. Le Guillou sur » L’expérience de Dieu dans l’Esprit « , où il reprend les traits principaux de son dernier livre : Les témoins sont parmi nous. L’étude suivante s’inspire des grandes écoles de spiritualité pour montrer que toute communication avec Dieu dans la prière est une expérience mystique de communion à la vie trinitaire (M. Cagin). Entre tous les êtres humains, la Vierge Marie, Mère de Dieu, a été un instrument privilégié de la réalisation du dessein de Dieu parmi nous : fécondée par l’Esprit, elle accomplissait la volonté du Père en donnant au monde son Fils et vivait ainsi un type de participation au mystère trinitaire, qui est exemplaire pour tout disciple du Christ (M. A. Corroy).
Les articles suivants sont autant d’études particulières dont la plus utile pour notre lecteur sera sans doute la fiche technique sur l’histoire du dogme trinitaire. Quelques brèves pages sont consacrées à saint Athanase, à sa théologie du Saint Esprit (J. M. Dobrée) et à la lecture d’un fort beau texte où le patriarche d’Alexandrie unit dans une suite de comparaisons analogues la vie et l’œuvre de la Trinité en notre faveur (C. Bergot). Ce cahier se termine par un travail sur la théologie trinitaire de Martin Luther (P. Barbarin) ; en constatant la pauvreté des développements du Réformateur en ce domaine, on peut se demander si elle n’est pas à l’origine de certains développements tragiques de la christologie luthérienne, ou d’un refus partiel de la vie et de la théologie sacramentaires. Sans la communication de l’échange amoureux de la Trinité, les sacrements sont réduits à leur rôle de remède pour notre faiblesse rôle important mais secondaire, comme les oeuvres sont secondaires par rapport à la foi ; sans l’entrée dans la vie trinitaire par le mystère de la filiation, l’œuvre du Rédempteur n »est qu’un drame tragique, la chance ultime que nous avons d’échapper au néant de notre propre existence pécheresse, d’accéder au salut.
Mais qu’est ce que le salut, sinon la possibilité désormais retrouvée de nous conformer au Fils qui est l’image du Dieu invisible, de rendre en nous mêmes l’image de Dieu ressemblante et, comme le dit saint Paul, de nous faire fils dans le Fils ? Tous les aspects de la vie et de la foi chrétienne baignent dans le mystère de la Trinité. N’importe quelle branche de la théologie chrétienne (anthropologie, christologie, sacramentaire…) dont on ne percevrait pas l’enracinement trinitaire, serait gravement faussée. En effet, la Trinité est à la fois le cœur et le fondement de la Révélation chrétienne. C’est dans la contemplation et la lumière de ce mystère. que l’homme peut redécouvrir en vérité toutes choses, lui-même d’abord, et Dieu son créateur et Père, surtout.
RÉSURRECTION
SOMMAIRE
Ouverture
Dans le même numéro
- Trois en UnMOREAU Marie
- Le Fils bien-aiméHOUEN Isabelle
- L’Esprit de vieBOYE François
- L’expérience de Dieu dans l’EspritLE GUILLOU Marie-Joseph
- Prier avec la TrinitéCAGIN Michel
- Marie, la Mère de DieuCORROY Marie-Ange
- Un texte de saint AthanaseBERGOT Catherine
- La théologie trinitaire de Martin LutherBARBARIN Philippe
