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N° 6-7 (ancienne série) · 3ème et 4ème trimestres 1957
Savoir de quoi l’on parle
Depuis dix ans, la signification du mot » laïque » est en train d’évoluer. Longtemps le laïque – par abus il est vrai – désignait l’anticlérical qui entendait limiter l’influence de l’Eglise à la sacristie, et encore après en avoir dressé l’inventaire. Dans la presse, le mot recommence à désigner selon la plus stricte étymologie le chrétien, le membre de l’Eglise, du Peuple de Dieu. Bien sûr, les laïques (ancien sens) demandent toujours l’abrogation de la Loi Barrangé mais ce sont encore des laïques (sens nouveau) dont on nous apprend qu’ils cherchent leur place dans l’Eglise, qu’ils discutent avec la Hiérarchie, qu’ils se réuniront à Rome pour penser leur apostolat en octobre prochain. Parfois les laïques (ancien sens) reprochent aux laïques (sens nouveau) de promouvoir un prosélytisme indiscret, un apostolat (tout étonné de se voir accolé l’épithète » laïque » aux consonances équivoques). A l’intérieur même des milieux catholiques on s’est demandé depuis quelques années si ce laïque devait nécessairement être apôtre, en quoi consistait son apostolat, s’il se distinguait de celui d’un prêtre, s’il était bien son activité spécifique. Et la discussion s’est faite générale sans qu’on y voie pour autant plus clair.
L’étudier méritait cet important numéro. Il réunit pour la première fois l’ensemble des informations qu’il faut posséder pour comprendre et les discussions et les prises de position actuelles. Résurrection souhaite moins ajouter une synthèse nouvelle à toutes celles qui ont vu le jour à ce propos que de poser le problème clairement en indiquant quels en sont les tenants et les aboutissants, persuadé que l’union des esprits si divisés en ce domaine viendra tout naturellement quand on mettra la même chose sous les mêmes mots.
Mais pour ce faire il faut connaître leur histoire, savoir ce que l’apostolat des laïques a été au cours des siècles, comment les papes en ont parlé et comment les théologiens ont réfléchi sur lui. Il faut aussi savoir quelles réalités concrètes se cachent derrière ces mots de 1957, et cela, nous ne pouvions le demander qu’aux mouvements eux-mêmes qui par la volonté de l’Eglise déploient cet apostolat. Il fallait encore interroger les militants de base qui, loin des états-majors, en ont une vision moins satisfaisante pour l’esprit mais sans doute plus réelle. Et il était nécessaire d’entendre des personnalités à qui leurs multiples contacts ont permis de se faire une idée plus vaste de cette réalité difficile à étreindre. Alors, mais alors seulement, on a essayé de préciser le sens de cette expression.
Résurrection serait heureux s’il apportait un peu de lumière à une recherche qui s’égale aux plus grands débats qu’a connus l’Eglise.
Résurrection
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