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N° 60 (ancienne série) · avril 1979
{Le problème du mal}
Au moment de mettre sous presse ce numéro sur le problème du mal, l’équipe des rédacteurs a été saisie d’une certaine appréhension. N’a t elle pas fait preuve d’outrecuidance en s’attaquant à un pareil sujet et surtout en choisissant un tel titre ? Tous ceux qui ont été au chevet d’un être cher ou témoin d’une grande misère savent que le mal et la souffrance sont d’abord une expérience qui nous dépouille de nos assurances avant d’être un problème qui suppose une solution. Notre monde est marqué par une grande révolte devant la souffrance de l’innocent, le scandale devant ces réalités qui ne supportent pas d’être expliquées par la raison froide et lucide de l’intellectuel. Et voilà qu’un groupe de théologiens en herbe prétend écrire sur le problème du mal ! Que le lecteur se rassure, ces étudiants, ces chercheurs, ces professeurs ont comme lui connu la révolte et le scandale. Mais ils sont chrétiens, ils sont fiers de leur foi en un Dieu puissant et bon, et qui nous aime infiniment. Ils ont voulu dire dans ce numéro que leur foi est raisonnable, que ce Dieu puissant et bon nous a donné en Jésus Christ une lumière extraordinaire sur la condition humaine. En d’autres termes, Résurrection a voulu entreprendre une » théodicée « .
Grave imprudence dira t on, combien s’y sont essayés et ont vu la vanité de leurs efforts ? Certes l’intelligence humaine livrée à elle même n’a jamais dit grand chose de satisfaisant. Mais il existe une manière chrétienne de justifier Dieu et celle ci a traversé les siècles et a soutenu la foi de millions de chrétiens grands et petits. On a simplement voulu ici s’inscrire dans cette tradition.
Les trois premiers articles posent résolument le problème. Il est naturel de voir d’abord les attitudes non chrétiennes devant le mal et la souffrance : François Boye a voulu manifester les valeurs et les limites de ces attitudes. Puis Cyrille Olivier introduit l’explication chrétienne : c’est le péché des hommes qui a brisé ce monde. Catherine Bergot élève le débat : pourquoi Dieu a t il pris un tel risque ?
Les trois articles suivants portent sur le péché originel. Nous savons bien sûr que l’auteur du récit de la Genèse ne raconte pas les origines comme un historien. Le récit doit donc être interprété. Il serait commode de n’y voir qu’un mythe, un récit symbolique. Jean Pierre Fourquet montre qu’on ne peut supprimer la réalité historique du péché d’Adam. Il faut par conséquent prendre en considération le point de vue des scientifiques sur les origines de l’homme, Eric Mahieu s’en est chargé.
Michel Laurent étudie de son côté ce que l’on peut dire sur la transmission de ce péché originel.
Puis viennent deux articles sur l’expérience du péché. Puisqu’on a clarifié la question du péché originel, Claude Delibes est en mesure de puiser dans le récit de la Genèse toute une psychologie de l’homme pécheur. Jean Luc Fabre, de son côté, examine les chemins par lesquels l’homme découvre son propre péché.
Enfin, nous abordons le mystère de notre salut, de notre délivrance du péché. Edmond Bougaud propose quelques clarifications de vocabulaire qui devraient faciliter la lecture des textes du Nouveau Testament. Odile Hubert médite sur le sacrifice du Christ, Evelyne Magny envisage notre propre participation au salut par la Croix.
Sur un sujet brûlant, les auteurs, tous très conscients des courants de pensées qui traversent le monde contemporain, ont voulu témoigner de leur foi. Y sont ils parvenus ? C’est au lecteur d’en juger.
Résurrection
SOMMAIRE
RESURRECTION
Le problème du mal
Dans le même numéro
- Le mal devant la pensée contemporaineBOYE François
- Du Dieu vengeur au Dieu amourOLLIVIER Cyrille
- Le risque de DieuBERGOT Catherine
- Le péché originel, symbole ou réalité ?FOURQUET Jean-Pierre
- Adam et l’homme de Cro-MagnonMAHIEU Éric
- Pécheur ma mère m’a conçuLAURENT Michel
- Adam où es-tu ? La condition humaine à la lumière de Genèse 2-3DELIBES Claude
- Reconnais ton péchéFABRE Jean-Luc
