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N° 62-63 (ancienne série) · janvier 1980
PRÉFACE
Naguère, l’équipe de jeunes de Résurrection publiait un livre: » Chrétien quelle est ta Foi ? « . Cent questions étaient étudiées, avec un sérieux et une concision, qui expliquent le succès du livre. Terminant la préface, je souhaitais que cet » essai » de jeunes soit » transformé » en but, comme on dit au rugby. Le résultat a été atteint.
Résurrection tente un nouvel essai : » Cent points chauds de l’histoire de l’Eglise « . Le travail est aussi difficile: mais des jeunes ont l’audace et le courage de ce projet !
On connaît peu l’Eglise en son déroulement séculaire; on la juge souvent à travers des suppositions ou des approximations; on juge le passé à partir de vues actuelles, par manque de sens historique. Le nouveau livre vient donc à son heure, d’autant plus qu’il nous permettra de mieux comprendre le présent, de le relativiser, car, trop proche, il est séduisant ou redoutable !
Aussi, je souhaite à ce second volume un aussi franc succès que pour le premier. En sport, on fait confiance à une équipe qui a gagné.
+ Cardinal A. RENARD
INTRODUCTION
Le succès de Chrétien, quelle est ta foi ? a conduit ses auteurs à récidiver. Mais, avec une audace renouvelée, ils se sont attaqués aux problèmes les plus difficiles de l’histoire de l’Eglise.
Ce choix répond à une nécessité de l’heure. Jamais autant qu’aujourd’hui, le passé n’a fourni autant de thèmes aux films, téléfilms et autres spectacles diffusés largement. La culture, certes, profite de cet engouement; mais la vulgarisation historique ne rencontre pas toujours dans le public la formation nécessaire à l’exercice d’une saine critique. L’histoire à la façon de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas connaît de beaux jours.
Cette naïveté ne va pas sans inconvénient quand il s’agit des événements qui tissent l’histoire de l’Eglise. Il est tentant en effet de monter en épingle auprès des incompétents certains épisodes qui lui font peu d’honneur et de ricaner lorsque les défenseurs de la vérité, de la morale et de la sainteté y manquent par trop. Certains s’en donnent à cœur joie, sans beaucoup de souci d’exactitude et sans tenir compte de ce que l’Eglise dit d’elle même.
Pour rectifier cette vision malveillante, il faut une certaine culture en deux domaines : celui de l’histoire et celui de la théologie. Le premier est foisonnant de périodes, de faits, de civilisations diverses; le second réclame une certaine finesse d’esprit et une assez bonne familiarité avec la Révélation.
Plusieurs des auteurs du présent recueil sont des étudiants en histoire, les mêmes ou d’autres ont déjà bien travaillé la théologie. Faute d’être des maîtres chevronnés, ils ont du moins le mérite de savoir où trouver les sources et de ne vouloir tricher en aucune de ces deux disciplines. Ils ont droit à la sympathie de tous ceux qui, grâce à eux, cesseront d’être troublés par des évocations historiques offensantes pour leur foi.
Mgr CHARLES
CENT POINTS CHAUDS
Il ne faut pas avoir parlé bien longtemps avec des incroyants pour savoir que les grandes objections au christianisme ne sont plus aujourd’hui d’ordre philosophique, mais visent l’histoire de l’Eglise : » Vous qui avez derrière vous vingt siècles d’histoire, vous n’avez pas fait mieux que les autres, vous avez même fait pire parfois « .
Face à ces objections répétées et qui isolent arbitrairement toujours les mêmes faits, les chrétiens sont souvent démunis : ou ils se désolidarisent de l’Eglise passée, en faveur de l’Eglise qui se cherche aujourd’hui, et ils font bien peu sérieux. Ou ils affirment que la foi au Christ est une substance trop volatile pour apparaître dans le champ de l’histoire, et ils sont aussi disqualifiés pour idéalisme.
Il est urgent que les catholiques assument leur histoire sans naïveté, mais aussi sans complexe. S’il existe des pages sombres dans le passé de l’Eglise, celle ci reste, pourvu qu’on la regarde sans a priori réducteur, la servante d’un extraordinaire projet sur l’homme qui a soulevé le monde et peut seule aujourd’hui lui donner une âme.
Les étudiants des Equipes Résurrection (qui participent aux activités de prière et de réflexion du Sacré Coeur de Montmartre), ont voulu relever le défi. Etudiants en histoire, en lettres, en philosophie, mais aussi en sciences et en droit, jeunes universitaires, prêtres amis, ils se sont pendant un an attachés à 100 « points chauds » qu’ils présentent aujourd’hui.
Après Chrétien quelle est ta foi ? les Equipes Résurrection reprennent la formule qui a fait leur succès : 100 sujets traités de façon synthétique, généralement sur deux pages, avec, cette fois-ci, une chronologie précise, une appréciation historique tenant compte des dernières recherches, un jugement théologique, des questions pour élargir la réflexion et une bibliographie très à jour. Ni un manuel d’histoire, ni une » réfutation des objections », Cent points chauds de l’histoire de l’Eglise veut aider la réflexion et promouvoir une nouvelle manière de considérer le passé de l’institution fondée par le Christ.
Le cardinal Renard, archevêque de Lyon, dit, dans son introduction, l’urgence de cette tâche et sa confiance dans ceux qui l’ont entreprise.
AVANT DE LIRE CE LIVRE
Un projet ambitieux
Ce livre a été réalisé par des étudiants appartenant aux groupes de réflexion et de prière du Sacré Coeur de Montmartre et, en particulier, aux Equipes « Résurrection ».
Leur intention est de présenter cent points chauds de l’histoire de l’Eglise et de donner à tous ceux qui s’intéressent à cette histoire des éléments d’information et de jugement.
Ils n’entendent ni refaire un manuel , d’apologétique traditionnelle, ni écrire une nouvelle histoire de l’Eglise, mais contribuer, grâce à un livre d’accès facile, à éclairer quelques événements controversés.
L’originalité de cette entreprise tient à ce qu’ils ont voulu distinguer le récit objectif des événements de l’appréciation que le chrétien doit porter sur eux. Si ce récit requiert impartialité et rigueur quels que soient les scandales ou les faits qu’il révèle, le jugement ne peut être fait qu’à la lumière de la foi, l’Eglise ne pouvant être jugée que par rapport à sa mission.
Les six premiers chapitres de ce livre précisent les conditions et les limites de ce travail. Le reste de l’ouvrage retrace des épisodes connus ou moins connus dont le choix est sans doute arbitraire. Il a été fait sans crainte d’aborder les périodes troublées et les questions délicates. En revanche, les jugements qui sont portés témoignent avec vigueur de la foi que les auteurs portent en l’Eglise.
Une tâche aussi ambitieuse ne s’accomplit pas sans erreur et, comme toujours en matière historique, ce livre suscitera des controverses. L’essentiel est que la lecture de ces pages, en apportant à des questions sans cesse posées aux chrétiens des éléments de réponse et des pistes de réflexion, les aide à devenir un peu mieux chaque jour des pierres vivantes de l’Eglise.
Chaque article est divisé en 5 paragraphes
Les faits
Ce paragraphe donne les dates et les faits essentiels de l’événement considéré. Il permet de situer la chronologie et constitue la matière brute de l’histoire.
Dans les cas contestés, on s’est aligné sur les dates de la Bible de Jérusalem (éd. du Cerf, 2e édit.), pour le Christianisme primitif, et de l’Histoire de l’Eglise par elle même sous la direction de J. Loew et M. Meslin (éd. Fayard) pour les périodes ultérieures.
L’événement
Cette partie a pour objet de placer l’événement dans son contexte historique en décrivant les lignes de force de son déroulement. L’analyse d’un événement permet de le ramener à ses justes proportions, d’en réparer les causes et d’en mesurer la portée. Elle évite les jugements hâtifs, les condamnations sans appel, comme les admirations naïves.
Ce qui est en cause
C’est dans ce paragraphe que sera donné le jugement théologique qu’il convient de porter sur l’événement. Pour ce faire, la question posée est rattachée à un problème fondamental rencontré par l’Eglise au cours de son histoire. A chaque fois, c’est un développement concret sur l’un ou l’autre aspect de l’expérience chrétienne qui est présenté et dans lequel l’auteur n’hésite pas à s’engager.
Questions
Quelques questions permettent au lecteur de prolonger sa réflexion, en suscitant des rapprochements éclairants. Elles montrent le plus souvent, que les réponses apportées n’ont pas épuisé le problème mais ont contribué à lui donner un éclairage nouveau, à le placer dans une perspective chrétienne.
Bibliographie
La bibliographie, volontairement réduite, donne au lecteur le moyen de s’informer plus complètement sur la question. On s’est contenté d’indiquer quelques ouvrages récents et accessibles, lorsqu’il en existe (voir ci dessous, la bibliographie de base).
BIBLIOGRAPHIE DE BASE
FLICHE A. et MARTIN V., L’Histoire de l’Eglise (Bloud et Gay); l’ensemble de l’œuvre représente 14 volumes.
DANIELOU J. et MARROU H. I., Nouvelle Histoire de l’Eglise (Le Seuil).
LOEW J. et MESLIN M., Histoire de l’Eglise par elle-même (Fayard).
SOMMAIRE
Ont contribué à la rédaction de ce numéro :
Emmanuel BARATTE, Philippe BARBARIN, Catherine BERGOT, Marie BIENVENUE, Patrick de BONNIERES, Edmond BOUGAUD, François BOYE, Yves BRIEND, Béatrice CERCEAU, Marie-Hélène CONGOURDEAU, Albert DALLE, Claude DELIBES, Emmanuelle de MARS, Jean des DESERTS, Jean DUCHESNE, Richard ESCUDIER, Jean-Luc FABRE, Jean-Pierre FOURQUET, Gilles FUMEY, Michel GITTON, Marc GODINOT, Eric GUILLEMOT, Isabelle HOUEN, Christian HUM, Yvonne KAPPES GRANGE, François-Jérôme LEROY, Gérard MARCHAND, Jean de MATHAN, Philippe MOCH, Ellinor MORILLON, Philippe MORILLON, Donatienne MOUILLOT, Philippe NASZALYI, Xavier ROYER, Jean-Marie SALAMITO, Dominique SAGE, Florence TERRIEN, Christine TYBURN, Françoise VERGOBBI.
Préface du Cardinal RENARD
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