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N° 64 (ancienne série) · décembre 1980

Un christianisme sans Eglise ?


Les questions les plus banales rejoignent parfois les plus spéculatives.  » Pourquoi devrais je passer par cette Eglise déterminée pour rencontrer Dieu ? « , se demande t on couramment.  » Pourquoi l’Eglise est elle incluse dans le dessein éternel de Dieu sur l’humanité? « , telle est la question du théologien. Les membres des équipes Résurrection se sont posé eux aussi ces questions, à la fois sous la forme banale et sous la forme élaborée. Conscients d’appartenir à une Eglise bien concrète, ils veulent rendre compte de la nature exacte de cette appartenance. Pour cela, ils ont exploré ce que l’Eglise avait déjà dit d’elle-même afin de chercher à leur tour et de proposer, dans les articles de ce cahier, leur propre manière de poser et de résoudre la question.

Le numéro spécial sur les cent points chauds de l’histoire de l’Eglise avait déjà abordé un certain nombre de débats concernant l’histoire de l’Eglise. Nous avons voulu reprendre ici deux questions préalables à l’ecclésiologie. La première, traitée à fond par Jean Marie Salamito, porte sur les origines historiques de l’Eglise, le rôle de Jésus dans la naissance de l’Eglise. Philippe Naszalyi, quant à lui, s’interroge sur cette forme qu’a prise l’Eglise lorsqu’elle a suscité une chrétienté. S’agissait il toujours de l’Eglise du Christ ? Quelle signification a la disparition de cette forme ?

Au seuil du monde moderne, Pascal est sans doute celui qui a le mieux pressenti les questions qui surgiraient dans ce monde, et l’étude que Vincent Carraud nous propose présente de ce fait, un intérêt tout particulier. Les quatre articles qui suivent prennent, chacun à leur manière, la question de fond : l’Eglise concrète comme réalité christique, humano divine. Pourquoi Dieu n’a t il pas limité son intervention historique à la personne du Christ, et pourquoi a t il prolongé cette intervention dans et par l’Eglise ? Marie Ange O’Connell s’efforce de saisir l’Eglise comme Tradition, au sens le plus fort : le don que Dieu fait de lui même dans l’Eglise. Pierre Julg montre que nul n’est sauvé sans prendre part d’une manière ou d’une autre à l’unique Eglise du Christ. Denis Marianelli souligne qu’en l’Eglise historique, c’est le Royaume de Dieu qui est déjà là, quoique pas encore achevé. Etienne Roulleaux Dugage essaie de percevoir le lien mystérieux qui unit le Christ à son Eglise.

Accepter la nécessité de l’Eglise pour sa vie intérieure seulement est une manière subtile de la récuser. C’est pourquoi François Boye a voulu montrer que le discours de l’Eglise sur les réalités sociales n’est pas étranger à sa mission divine.

Enfin, pour conclure cette réflexion, Isabelle Ledoux nous propose une méditation sur l’analogie entre la Vierge Marie et l’Eglise.

Espérons qu’à travers ces diverses approches, le lecteur percevra la certitude qui anime les rédacteurs, que c’est dans l’Eglise seulement que l’on peut vivre intégralement sa foi chrétienne.

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