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N° 68 (ancienne série) · sans date
La Révélation
Dieu s’est révélé aux hommes. Cette affirmation, fondement de notre foi, est moins simple qu’il n’y paraît. La possibilité même d’une révélation, d’une communication entre Dieu et l’homme, est loin d’être évidente. Si Dieu est le tout Autre, radicalement différent de nous, comment peut il nous parler dans un langage que nous puissions comprendre ? Si elle existe, la Révélation doit nécessairement passer par des médiations humaines. Mais ces dernières ne vont elles pas trahir la Révélation, ou la déformer peu à peu ?
Nous sommes naturellement méfiants à l’égard de tout intermédiaire humain. Mais les refuser totalement conduirait à rejeter toute révélation. C’est pourquoi, très souvent, pour admettre la Révélation chrétienne tout en oubliant qu’elle ne saurait exister sans les médiations voulues par Dieu en premier lieu l’humanité du Christ, puis l’Eglise, l’Ecriture… , nous privilégions un intermédiaire particulier, que nous déclarons si transparent, si directement relié à Dieu qu’il s’identifie à la Révélation même; en sorte qu’il n’y a plus une médiation, mais un simple instrument par lequel Dieu nous parle, directement, comme sans intermédiaire. Ainsi, par exemple, la Révélation s’identifierait au texte même de la Bible, comme d’un livre tombé du ciel. Ou bien, autre forme de cette réduction, on identifie la Révélation à une liste de dogmes, ou même au catalogue de toutes les déclarations des papes et des conciles, dont la moindre parole serait une vérité divine.
Aussi est il fondamental de comprendre la Révélation, non comme l’intrusion d’une vérité extérieure à l’homme, mais comme le dévoilement du dessein de Dieu sur l’homme, dans l’histoire du Salut. C’est dans cet esprit que Résurrection a entrepris de contribuer modestement à cette compréhension.
Ce cahier débute par un article d’Isabelle Ledoux qui a pour but de montrer comment la Révélation, en suscitant des médiations et donc des relations reflète l’être intime du Dieu Trinité, et comment la Révélation, si elle est d’abord communication, n’est pas une circulation de parole vide de sens puisque l’Incarnation du Verbe lui donne une figure.
Il était également important de préciser la place de l’Ecriture dans la Révélation. L’article de Pierre Julg souligne l’importance de l’existence d’un corps scripturaire bien délimité, et son fondement dans le fait de l’Incarnation.
Isabelle Guyot nous montre ensuite comment le passage de l’Evangile au dogme, loin de trahir le message du Christ, a permis de le défendre, en préservant le mystère de l’Incarnation. Béatrice Cerceau nous présente les Pères de l’Eglise, qui ont joué un rôle fondamental dans cette confrontation entre les pensées juive et grecque.
La question de l’actualisation de la Révélation pose un double problème qu’a traité Alyette de La Chaise : le développement du dogme d’une part, et ce que l’on a appelé il y a quelques années les » signes des temps « , d’autre part. Claude Delibes nous invite à une compréhension renouvelée des textes du Magistère, toute nourrie de foi et d’amour de l’Eglise.
Enfin, pour clore ce cahier, Vincent Bourguet nous présente, d’un point de vue philosophique, et en s’inspirant abondamment des Pères, notamment de Denys l’Aréopagite, le paradoxe de l’amour divin qui se dévoile en restant caché.
RÉSURRECTION
SOMMAIRE
Liminaire
Dans le même numéro
- Dieu se révèle tel qu’il estLEDOUX Isabelle
- L’Écriture, premier maillon de la Tradition ?JULG Pierre
- De l’Évangile au dogmeGUYOT Isabelle
- Qui sont les Pères de l’Église ?CERCEAU Béatrice
- Aujourd’hui Dieu nous parleLACHAISE (DE) Alyette
- Du bon usage des textes du MagistèreDELIBES Claude
- Manifestation et TranscendanceBOURGUET Vincent
