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N° 71 (ancienne série) · 2ème trimestre 1983

Rédemption et réconciliation


En promulgant 1983 Année Sainte, Jean Paul II a invité les chrétiens à méditer sur le centre de notre foi chrétienne : le mystère de la Rédemption, et tout spécialement sous l’un de ses aspects, la Réconciliation.

C’est pourquoi nous avons entrepris, dans ce numéro, de présenter la Rédemption dans la lignée des plus grandes pensées théologiques qui ont fleuri dans la Tradition de l’Eglise Nouveau Testament, Pères Grecs, théologiens médiévaux. En même temps, nous avons voulu élargir notre réflexion à la pensée de quelques grands théologiens contemporains.

Dans un article introductif, Gabriel Nanterre présente les problèmes que pose la théologie de la Rédemption, et s’intéresse en particulier à la question : pourquoi cette multiplicité d’images pour décrire une seule et même réalité, celle de notre salut ?

Un des points sur lesquels achoppent beaucoup de chrétiens ou de non chrétiens porte sur la nature même de la Rédemption si nous sommes sauvés par la Croix, cela signifie t il que Dieu avait besoin, pour nous pardonner, des souffrances de son Fils ? Pour répondre à cette question, Caroline Rouxel nous montre que la Rédemption est avant tout une affaire d’amour entre Dieu et nous : Dieu ne demande rien en compensation de nos fautes, si ce n’est que nous revenions vers lui, pour vivre avec lui comme ses fils, selon son projet d’amour. D’autre part, Jean François Boutout analyse la théologie de saint Anselme où apparaît l’idée de la réparation de l’honneur divin offensé par le péché, et montre que, même si le sens premier n’est pas un marchandage où Dieu ferait payer à l’homme ses fautes, le thème de la satisfaction a abouti à des présentations inacceptables de la Croix, où le Fils devrait payer à notre place un poids de souffrance compensateur de nos jouissances illicites.

Cette idée de châtiment subi par le Fils a exercé par l’intermédiaire de Luther une influence sur la théologie moderne. Isabelle Ledoux nous expose la pensée de trois de ses plus grands représentants (Moltmann, Pannenberg, Urs von Balthasar) sur la Rédemption.

Jérôme de Gramont nous invite à contempler la Croix, icône de notre salut, comme fondement de toutes les images de la Rédemption.

Isabelle Guyot montre comment notre salut est actualisé par les sacrements, et souligne en particulier le rôle du sacrement de pénitence ou de réconciliation.

Pour achever ce numéro, nous présentons un dossier biblique et patristique qui permettra au lecteur de percevoir la richesse de la théologie du Nouveau Testament et des Pères, où toute la réflexion ultérieure prend sa source.

Enfin, nous avons voulu proposer quelques pistes de réflexion sur le thème de la Réconciliation, comme prolongement à la théologie de la Rédemption, dans le domaine des relations entre les hommes.

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