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N° 73 (ancienne série) · 2ème trimestre 1984

Le Bien et le Mal


Confesser la foi : confesser le Fils, celui qui toujours fait la volonté du Père.

Mais comment faire la volonté, du Père et comment nous situer devant elle, nous Chrétiens, qui nous savons sauvés dans le Fils, et pourtant pécheurs encore, en proie à cet affrontement, et jusqu’à la fin du monde, celui de l’Amour toujours plus fort et du péché ?

Mystère d’amour et d’obéissance à nous d’apprendre, de découvrir ce qu’emporte d’exigence la volonté bienveillante du Père, ce que recèle de béatitude le consentement sans réserve du Fils, et pour nous qui avons à vivre jour après jour ce même mystère.

Comment quotidiennement répéter la parole qui fut prononcée une fois pour toutes les fois, à Gethsémani :  » Non pas ma volonté, mais ta volonté  » Apprendre ce qu’est cette volonté, savoir lui obéir.

C’est pourquoi la théologie morale ne saurait passer simplement pour la contribution de la théologie à l’édification d’une morale à laquelle des philosophies aussi bien s’emploient. L’article de Caroline Rouxel s’efforce de dégager la nouveauté radicale de la morale chrétienne pourquoi aucune sagesse du monde ne saurait tenir lieu du message révélé en Jésus Christ.

Une fois reconnu l’originalité de l’éthique chrétienne, il restait à s’interroger sur les limites et le bien fondé d’une morale naturelle, d’une réflexion sur le bien et le mal menée hors de la constante référence au Christ c’est à quoi s’emploie l’article de Jérôme de Gramont.

La plénitude de la loi morale nous est livrée en Jésus Christ, transmise en son Eglise. Sa connaissance est inséparable d’une tradition, d’une histoire encore fallait il montrer que cette histoire est une comme le Christ, son fondement est un, une comme la charité est une. C’est bien ce que montre Jean Clair Giraud : tous les moments de cette histoire explicitent le même donné révélé, comme toutes les vertus sont tournées vers la même charité qui les informe.

Si la charité se traduit dans la loi, cette loi morale demande aussi à s’accomplir dans une vie personnelle. Discerner le bien et le mal est le fait de la conscience morale. C’est ce dont traite Hervé Soubias : comment la loi morale prend vie dans une conscience.

Enfin les Considérations sur l’Ethique Chrétienne, texte destiné à un ouvrage général sur la morale chrétienne et que Mgr Charles a bien voulu nous confier, permettront au lecteur de synthétiser les réflexions ici ouvertes.

La nouveauté de ce cahier est de s’ouvrir à l’actualité, sous la forme d’un essai de G. Tabard sur  » la crise  » et grâce à une étude inédite du théologien britannique Th. F. Thorrance sur la notion d’ordre.

Résurrection

SOMMAIRE

Liminaire : le Bien et le Mal

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