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N° 74 (ancienne série) · sans date

Le mariage sacrement de la Nouvelle Alliance


Noces de chair et noces mystiques. Comment ne pas s’étonner ici qu’une réalité charnelle puisse aussi bien nommer la vocation béatifique de l’être humain ? Mais cet étonnement est à la mesure de l’unique mystère, celui qui est scellé dans le Christ. De l’Incarnation au mystère nuptial, c’est le même Fils qui a pris chair de l’homme et qui prend pour épouse son Eglise. Le mariage de deux êtres humains prend sens si l’on voit qu’il consiste à les retourner l’un et l’autre en direction de cet unique mystère. Et celui ci, à son tour, prend ce chemin pour s’accomplir dans notre chair. dans notre histoire.

C’est en vue des noces célestes qu’homme et femme ils furent créés. L’article de Laurent Charnin montre les fondements scripturaires de cette affirmation théologique cardinale à travers l’étude du thème du couple dans les Ecritures.

Ce qui est fondé dans la Bible s’explicite dans la tradition ultérieure, celle ci est lue ici à trois les époques, selon trois perspectives essentiellement convergentes. Moment patristique d’abord, avec la lecture du traité de saint Augustin entreprise par Jérôme de Gramont et où se voit établie la hiérarchie des fins du mariage. Moment médiéval où l’article d’Elizabeth Bourguet montre comment le mariage est vécu chrétiennement, dans un esprit profondément théologique, à rebours de toute tentation de lire dans le sacrement de mariage une innovation historique, une invention tardive. Moment moderne la relecture de Karol Wojtyla et Jean Paul II menée, par Jérôme Berge, expose la possibilité de définir la personne humaine à partir d’une théologie du mariage.

Au centre de toutes ces analyses, il y a la reconnaissance du mariage comme un des sept sacrements cette reconnaissance fait plus spécialement l’objet de l’article de Florence Jardin, tandis que Patricia Quérenet met en valeur l’une de ses originalités les plus marquantes, que les ministres en sont les époux, soit ceux là mêmes qui reçoivent la grâce sacramentelle et non pas le prêtre. Avec Laurence Mardon nous voyons pourquoi il convient d’inscrire le sacrement lui même au sein d’une cérémonie qui en montre le sens, l’éclat.

La spiritualité conjugale nous est présentée par Isabelle Guyot : comment deux êtres peuvent vivre, à travers leur don mutuel, leur commune union au Christ.

Enfin, l’article de Vincent Bourguet, qui clôt ce cahier, nous apprend ce qui est proprement en jeu dans le sacrement de mariage, non pas la continuité du monde, mais son ouverture à la grâce, son passage au Père.

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Liminaire : le mariage sacrement de la Nouvelle Alliance

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