← Tous les numéros

Numéro 28 · Oct-Déc 1968

L’Esprit Saint et Humanae Vitae

Éditorial

Tout en demeurant la revue de théologie qui n’est pas d’actualité, qu’elle tient à être  » Résurrection  » part cette fois-ci d’un problème, qui comme tout problème d’actualité ne se pose qu’en se posant mal. Parler de suite de l’encyclique  » Humanae Vitae  » conduit à de graves méprises : il convient de saisir en quoi elle est l’instruction que donne, par l’Eglise, le Christ ; l’actualité, qui pose les questions de l’obéissance et de la conscience morale, ne peut avoir un sens que si on la sait dépasser, pour considérer l’ensemble qui soutient ces affleurements : la révélation et l’action de l’Esprit Saint en l’Eglise et en chacun de nous. Le long détour que nous proposons permet seul de poser l’actualité comme théologique ; nous voudrions proposer à nos lecteurs, en chaque occasion, ce détour qui situe les questions pressantes dans le champ proprement théologique qui, seul, permet de parler sans bavarder.

Partant de la dernière encyclique, nous envisageons d’abord la question de l’obéissance, la plus évidente, qui elle-même ne trouve son sens que dépassée en la question de la conscience morale, qui ne vaut qu’éclairée par la loi divine : d’où les deux premiers articles, repris des cours de théologie de Mgr Charles du R.P. G.W. Kowalski. Le champ de la théologie de l’Esprit ne peut ensuite être abordé qu’en montrant l’itinéraire de la présence parmi nous de l’Esprit ; comment ils se manifeste dans une mentalité précise, en se distinguant des conditionnements sociologiques qu’il utilise pourtant : sagesse hébraïque et sagesse égyptienne ; l’Incarnation a manifesté l’Esprit dans le Christ, mais aussi en la personne de la Vierge, car  » sur elle l’Esprit vint  » ; c’est alors seulement qu’il peut être possible de reprendre une synthèse trinitaire, celle de Saint Augustin par exemple, pour en dégager une connaissance de l’Esprit, quitte à voir comment cette connaissance méconnaît à son tour l’Incarnation ; situer l’Esprit par rapport à l’Incarnation, c’est envisager immédiatement le rapport de ce même Esprit et de l’histoire : il convient de ne pas tout mêler en identifiant trop vite l’action de l’un le déroulement de l’autre ; de même il convient de distinguer comment l’Esprit se manifeste en chacun d’entre nous, à l’image de sa présence en la Vierge Marie, ce qui renvoie à la question des dons de l’Esprit Saint ; autre forme enfin de la présence de l’Esprit, à la fois personnelle et communautaire, l’inspiration, en rapport avec l’Inspiration. Tel est le détour, à propos de l’Esprit-Saint mis en question par la dernière encyclique.

Une revue, par définition, ne se lit pas du début à la fin ; pour permettre de trouver de suite ce qui correspond aux désirs de chacun, nous diviserons les articles en trois catégories ; premièrement, les articles de doctrine chrétienne (marquée d’un *), qui constituent le fond que le sujet exige de tous ; nous ferons en sorte qu’ils soient facilement abordables, pour autant que le permet le thème ; dans le cas où une étude de plus particulière est nécessaire, aussi bien sur un point de théologie précis que pour une recherche inaugurale, nous la présenterons, sans penser pour autant qu’elle intéressera tous ; (elle sera notée par trois ***) ; entre ces deux extrêmes, on trouvera, correspondant à l’effort de prière indispensable à toute réflexion théologique, qui seul peut d’ailleurs donner quelque chose à dire, des approches de tel ou tel point de spiritualité, en rapport avec le sujet traité bien sûr (reconnaissables à deux **).

Nous remercions par ailleurs les lecteurs qui ont bien voulu nous faire part de leurs avis et de leurs critiques ; lesquelles nous sont aussi utiles que les marques de satisfaction ; nous ne saurions trop demander à nos lecteurs de nous donner un écho de leurs réactions : nous y répondons, nous en tiendrons le plus grand compte. Signalons aussi que l’équipe de rédaction, essentiellement composée d’étudiants en lettres, souhaiterait vivement pouvoir accueillir la collaboration de scientifiques, afin de rendre le ton et les tendances de l’ensemble moins unilatéraux. En sorte que nous puissions travailler là où le besoin se fait sentir.

Résurrection

Nous venons, la rédaction de ce numéro étant pour ainsi dire terminée, d’avoir communication de deux poèmes inédits de Patrice de la Tour du Pin, à paraître dans le recueil  » l’Auberge de l’agonie « , ainsi que de l’autorisation de les publier ici.

Il serait aussi superflu de prétendre les présenter que superflu de vouloir exprimer des remerciements ; soulignons cependant que c’est à la poésie qu’appartient de métamorphoser le piétinement de la réflexion en l’élan de la prière, notre seule raison d’être ; ainsi P. de la Tour du Pin porte-t-il à son achèvement, en l’ignorant magnifiquement, notre pauvre effort ; que pour cela, il soit remercié.

Ancienne série

Résurrection

L’Esprit Saint et Humanae Vitae

N° 28

Oct-Déc 1968

9 articles