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N° 176-177 · avril 2019
Saint Paul apologète
Saint Paul a beaucoup parlé, beaucoup écrit, il a présenté la foi chrétienne à d’innombrables auditoires, tant juifs que grecs, romains etc. Qu’a-t-il à nous dire de cet exercice particulier qui consiste à dire l’essentiel de la foi sans rien trahir, tout en étant attentif à ce que le destinataire peut en comprendre ?
Ce sont surtout les discours rapportés par les Actes des Apôtres qui vont nous intéresser pour l’instant, car les lettres étant écrites à des communautés croyantes, nous ne sommes pas avec elles dans le cas d’une apologie proprement dite, même si, nous le verrons tout à l’heure, la distinction n’est pas si nette.
Des discours réécrits par Luc ?
Bien sûr, dès qu’on aborde les discours rapportés dans les Actes, une question se pose : dans quelle mesure saint Luc a-t-il rendu le contenu exact de la pensée de Paul ? Ayant visiblement réécrit ces discours, n’a-t-il pas changé le propos, pour le faire cadrer avec l’image qu’il veut nous donner de l’Apôtre ? La question a été abondamment débattue par la critique depuis plus d’un siècle sans qu’un accord existe à ce sujet1. Mais, comme pour tout le Nouveau Testament, la solution retenue dépend en grande partie de l’option de départ : là où certains verront la preuve que c’est la « théologie lucanienne » qui inspire les discours prêtés à Paul, d’autres verront l’influence de la pensée paulinienne sur son disciple. La conservation de traditions anciennes concernant l’enseignement réellement donné par l’Apôtre n’est jugée impossible que parce que l’on suppose un très long laps de temps entre l’évènement et son écriture, et surtout parce qu’on refuse de voir la continuité entre les premières communautés et le milieu qui a rédigé le Nouveau Testament. Tenons-nous-en à la conviction simple que ces documents, même réécrits après coup, portent l’essentiel de ce que fut la « manière » de saint Paul que le « cher médecin » a pu admirer tout à loisir pendant ces voyages en sa compagnie.
Il faut d’abord nous pencher sur les discours en direction des juifs. N’oublions pas qu’au début au moins de la mission paulinienne, la rupture avec la synagogue n’est pas consommée, Paul n’est pas l’ennemi public qu’il va devenir aux yeux de certains, il est invité courtoisement à prendre la parole. Le nom de Jésus de Nazareth n’est sans doute pas encore connu de beaucoup, à la différence de Jean le Baptiste qui semble bénéficier très tôt d’une réelle aura. Paul va donc s’employer à dire l’essentiel à son sujet. Surtout il faut bien voir que ce n’est pas un changement de religion que propose Paul (à la différence de ce qui se passe avec les Grecs), mais un accomplissement du judaïsme, accepté ici sans réserve.
À Antioche de Pisidie
Le grand discours à la synagogue d’Antioche de Pisidie, lors du premier voyage missionnaire qu’effectuent Paul et
Études sur les Actes des Apôtres (Lectio Divina 118), Paris, Le Cerf, 1984, p. 380- 423. Cf. J.Taylor, Les Actes des Deux Apôtres (Études Bibliques 23), Paris, Gabalda, 1994, p. 283-306. Barnabé en Asie Mineure, est dans les Actes (chapitre 13) le morceau de bravoure qui résume sans doute beaucoup d’autres discours prononcés dans des circonstances analogues. Il n’est pas possible de le reproduire ici in extenso, mais on gagnera à s’y référer. On voit que l’Apôtre commence par un parcours relativement long de l’histoire sainte, supposée admise et connue de tous, mais qui est la base qui va permettre d’annoncer Jésus comme un aboutissement et non comme un extraterrestre, surgi on ne sait d’où : il est le Messie qui correspond à la promesse faite à David dans la prophétie de Nathan (2 S 7). La mention de Jean va dans le même sens, l’autorité du Baptiste est invoquée pour avoir annoncé celui qui, plus grand que lui, allait venir après lui. L’annonce devient plus pressante quand il s’agit de présenter le cœur de la bonne nouvelle : celui que les autorités religieuses de Jérusalem ont mis à mort par la main de païens, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts ! La suite n’est pas explicitée complètement, mais ce procès en révision ouvre évidemment sur la conviction que le Christ glorifié est maintenant le médiateur auprès de son Père, si bien que « la promesse faite à nos pères, Dieu l’a entièrement accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants » (vv. 32-33), – la promesse dont il s’agit est celle de la rémission des péchés. Paul, fidèle à son intuition de toujours, parle du salut par la foi, qui rend possible la justification que les œuvres de la Loi ne permettaient pas vraiment d’obtenir. Ce n’est donc pas un exposé systématique de la doctrine chrétienne que présente le prédicateur, l’ensemble est même assez décousu, mais l’essentiel est dit : messianité de Jésus fils de David, mort sur la croix, résurrection et glorification par Dieu, pardon des péchés moyennant la foi. Les références scripturaires classiques (Ps 2,7 ; 16,10) viennent à la fin. On remarquera qu’il s’efface derrière les témoins qui ont vu Jésus vivant après sa résurrection et qui maintenant diffusent l’évangile du salut, pas un mot n’est dit de son expérience personnelle.
Malgré le retournement qui aura lieu la semaine suivante, l’accueil, d’après ce que disent les Actes, est plutôt favorable : « nombre de Juifs et de prosélytes qui adoraient Dieu suivirent Paul et Barnabé » (v.43). On peut penser que les missionnaires ont bénéficié d’un effet de surprise, car probablement leurs auditeurs n’avaient pas été prévenus contre eux et ignoraient tout de Jésus. La force du propos de Paul est de partir de ce qui fait le cœur de l’espérance d’Israël : la libération du péché et de ses conséquences grâce à la venue du Messie. Comme il le dira plus tard aux notables juifs à Rome dans un raccourci saisissant : « c’est pour l’espérance d’Israël que je porte ces chaînes » (Ac 28,20).
À l’Aréopage
Si maintenant nous regardons la prédication aux païens, il faut faire place à un autre grand texte : le discours à Athènes (17,22-31) lors du deuxième voyage missionnaire. Il n’est pas donné cette fois-ci dans une obscure bourgade de province, mais dans le cadre prestigieux de l’Aréopage d’Athènes, devant un auditoire sélectionné. Notons qu’il répond à une invitation, Paul a commencé à parler du Christ et de sa résurrection sur l’Agora, mais ses propos ont paru si surprenants qu’on veut en savoir plus sur cette doctrine nouvelle et étrange. La curiosité est donc nettement intellectuelle. Paul veut profiter de l’occasion.
Le début est une captatio benevolentiæ dans la meilleure tradition oratoire : « Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes » (v.22)2. On peut être sceptique sur la sincérité de cette déclaration, quand on se rappelle ce qui est dit un peu plus haut dans le texte des Actes : « pendant que Paul les attendait à Athènes, son esprit s’échauffait en lui au spectacle de cette ville vouée à l’idolâtrie » (v. 16). Pourtant on peut aussi penser que l’estime pour la « religion naturelle » des Athéniens n’est pas feinte, même si leur idolâtrie est rejetée. À Lystres déjà, Paul avait déjà reconnu une certaine légitimité à la religiosité des païens (« dans les générations passées, il [Dieu] a laissé toutes les nations suivre leurs voies », Ac 14,16). À Athènes, il s’agit précisément de faire fond sur cette religiosité, pour y trouver une ouverture vers le vrai Dieu. Dans leur crainte d’oublier quelque divinité qui pourrait s’offusquer d’être traitée sans honneur, les Athéniens ont édifié un autel AU DIEU INCONNU. Il est facile à l’orateur de se glisser dans cette brèche et de déclarer : « ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer » (v. 23).
Toute une première partie du discours, la plus longue, est une critique de l’idolâtrie, où il avance en relative sécurité, conscient du fait qu’une partie au moins de son auditoire est acquis à une vision du divin déjà très épurée par la philosophie : Dieu n’habite pas dans des maisons faites de main d’hommes, il n’est pas servi par des mains humaines, tout cela ne peut pas heurter son auditoire, pas plus que l’affirmation que nous sommes apparentés à Dieu et donc que les statues en métal sont des images bien inadéquates de la divinité. Mais ce que l’on remarque moins, c’est que, parallèlement à ces considérations, Paul développe une vision de la création qui doit tout à la Bible : le Dieu unique a créé le ciel et la terre, il donne à tous le souffle de vie, il a créé l’humanité à partir d’un seul homme, il a disposé toute une économie des temps et des lieux pour permettre à chacun de le trouver au terme d’une quête personnelle, il a donné à chacun la vie, le mouvement et l’être…
Vient ensuite l’annonce du kérygme, où Paul sait bien qu’il va atteindre le point de rupture. On passe brusquement des vérités intemporelles à une considération de l’histoire : « Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l’ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d’avoir tous et partout à se repentir, parce qu’il a fixé un jour pour juger l’univers avec justice, par un homme qu’il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts » (vv. 30-31). Tout est là pour déconcerter nos philosophes : la dramatisation du destin de l’humanité envisagée comme un tout, sommée de se convertir et devant passer par un jugement, la mise en valeur d’un homme censé exercer le jugement au nom de Dieu et surtout la résurrection envisagée comme une réalité concrète et historique. En gros, l’apocalyptique qu’Israël a découverte dans les derniers siècles de son histoire avant Jésus n’a aucune prise sur des Grecs qui n’ont pas suivi le même chemin. Paul va-t-il trop vite ? A-t-il méconnu la difficulté de faire comprendre l’histoire sainte à des hommes habitués à discuter sur des essences ?
On insiste souvent aujourd’hui sur l’échec de Paul et on le met volontiers en relation avec une déclaration contenue dans la première lettre aux Corinthiens (2,3-5) : « moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant, et ma parole et mon message n’avaient rien des discours persuasifs de la sagesse ; c’était une démonstration d’Esprit et de puissance, pour que votre foi reposât, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu ». Puisque la fondation de l’Église de Corinthe a suivi immédiatement le départ d’Athènes (d’après Ac 18,1), ce serait le signe que Paul a tiré les conséquences de son insuccès et qu’il aurait renoncé aux « discours persuasifs », pour une annonce plus abrupte du mystère de la croix. D’abord il ne faut pas majorer l’échec d’Athènes : éveiller la foi chez quelques personnes, dont un membre en vue de l’Aréopage, n’est pas une mince victoire et l’Apôtre ne pouvait guère espérer mieux, vu le contexte. Que son approche des Corinthiens ait dû être différente, cela peut s’expliquer de bien des façons, ne fût-ce que par son état de santé qu’il évoque aussi dans l’épître aux Galates (4,14), mais surtout par le public auquel il s’adresse, sans doute beaucoup plus frustre qu’à Athènes. Paul s’adapte, comme il le dit, à tous les hommes : « je me dois aux Grecs comme aux barbares, aux savants comme aux ignorants » (Rm 1,14). Le discours d’Athènes n’a pas marqué chez lui la fin du désir de convaincre, car celui-ci est lié à son souci des âmes. Nous le retrouvons à Éphèse : « Paul se rendait à la synagogue et, durant trois mois, il y prenait la parole en toute assurance à propos du Règne de Dieu, s’efforçant de convaincre ses auditeurs » (Ac 19,8), cela pour les juifs, mais la proclamation de la Parole aux païens ne se fait pas non plus sans argumentation et persuasion, à n’en pas douter (cf. vv. 9-10).
Plan incliné et « coup du lapin »
Quelle conclusion tirer déjà des exemples que nous venons d’étudier ? Sans doute la capacité d’adaptation de Paul, sa foi ardente, qui le pousse à vouloir le salut de tous les hommes, son aisance aussi bien avec les sources bibliques qu’avec la culture gréco-romaine, mais pour aller plus au cœur de son « apologétique », si on doit l’appeler ainsi, il faut se pencher sur le cœur même de sa démonstration : l’articulation entre le discours où il se fait proche de la conviction de son interlocuteur et celui où il « décolle » et expose les grandes lignes du mystère chrétien. Pour employer les termes imagés de Mgr Charles, le fondateur de notre revue, c’est le rapport du « plan incliné » et du « coup du lapin ». Le plan incliné est indispensable, sous peine de rejet immédiat par l’interlocuteur d’un discours qui lui semble définitivement étranger. Mais celui-ci risque souvent de ne plus être très incliné, si l’on n’a pas le souci de manifester en quoi la position de l’autre est déjà porteuse d’une partie de la vérité qu’on essaie de mettre en lumière. Puis vient le « coup du lapin », et là il ne faudrait pas prendre la formule comme l’indice d’une violence faite sur la liberté et l’intelligence du contradicteur, mais il s’agit plutôt du moment où la parole se libère et tente de dire le saut qu’on doit faire pour aller au-devant d’une vérité plus haute et plus ample.
Chez Paul, le plan incliné prend évidemment deux formes très différentes selon que l’auditoire est juif ou païen. Avec les juifs, le terrain est tout trouvé, il s’agit de l’Écriture sainte et plus précisément de l’histoire du Peuple de Dieu, Paul ne discute pas sur des textes isolés, il n’entre pas dans les discussions « halachiques » sur tel ou tel précepte, mais, comme Pierre et comme Étienne, il retrace l’itinéraire d’Israël en partant de son élection. Bien sûr, ce parcours est déjà porteur d’une certaine vision des choses, c’est une histoire orientée dans le sens de l’espérance, selon la ligne des prophètes et de l’apocalyptique plus tardive. Il n’y a pas trace du « nomo-centrisme » (la Torah au centre, avec les Prophètes et les Écrits comme illustration) qui l’emportera avec la refondation du judaïsme après 70. Autour de Paul, l’attente d’un accomplissement était très sensible, Paul n’invente rien, mais il se contente de dégager cette ligne et de mettre un nom sur les points de suspension qui la terminent.
Avec les païens, la base est moins nette. L’auditoire est sans doute partagé, mais Paul a en face de lui des esprits familiarisés avec une lecture critique de la mythologie qu’on trouve chez les philosophes. Il peut faire fond sur une certaine perception de l’unicité divine qui remonte au moins à Platon et à Aristote. Mais l’image divine qui ressort de ses propos à lui est celle du Dieu de la Bible qui intervient dans la vie des peuples, qui réprouve l’idolâtrie, qui a un projet sur l’homme3 etc. beaucoup plus que l’idée du Bien de Platon ou le Premier Moteur d’Aristote. Les auditeurs de Paul sont transportés déjà dans un univers mental qui est celui de l’Écriture. Mais ce n’est pas là-dessus qu’ils achoppent.
Le kérygme que leur présente l’Apôtre est assez surprenant : Jésus est évoqué mais comme un « homme » dont le nom n’est pas prononcé et, s’il est bien question de la Résurrection, la croix n’est nulle part mentionnée. La résurrection se réduit à être un signe d’accréditation pour le messager de Dieu. Messager de Dieu, il est malgré tout d’une manière éminente, car c’est « en » lui que le jugement s’exercera, c’est-à-dire par rapport à lui. On a l’impression que l’annonce est incomplète, sans doute parce que Paul n’a pas pu aller jusqu’au bout de son discours, interrompu qu’il a été par les réactions vives de ses auditeurs. On a aussi le sentiment qu’il s’agit d’une charge qui met en cause l’attitude des Athéniens : il s’agit de mettre fin aux « temps de l’ignorance », il est urgent de se convertir avant que n’intervienne le juste jugement de Dieu ! Les membres de l’Aréopage ne sont pas innocents, ils sont complices de pratiques idolâtres (complicité d’autant plus grave qu’ils savent à quoi s’en tenir), ils sont même inexcusables d’après Rm 1,20. Cette mise en cause est-elle très pédagogique de la part du missionnaire ? Paul a-t-il le sentiment que, pour forcer le passage, il faut finir par révéler le triste état dans lequel se trouvent des hommes si sûrs d’eux et si fiers de leur culture ? Il n’est pas dit que l’apologétique soit forcément un exercice irénique. Jésus et Jean-Baptiste n’ont pas eu peur de secouer leur entourage.
Apologétique des croyants
Pour finir, il faut sans doute élargir la notion d’apologétique qui, dans l’usage classique, se limite au discours ad extra, réservant pour l’usage ad intra les termes de catéchèse et d’enseignement doctrinal. En réalité, les lettres de Paul s’adressent à des hommes et des femmes qui ont accepté la foi chrétienne, mais qui sont loin d’être complètement évangélisés. Non seulement leur comportement moral révèle bien des ignorances de la loi de Dieu, mais leur foi (qui s’appuie sur l’enseignement oral de Paul) n’a pas encore beaucoup de bases intellectuelles. L’Apôtre s’emploie à les leur donner, mais pour ce faire il fait appel à la raison autant qu’au témoignage de l’Écriture. Pour établir la résurrection de la chair (1 Co 15), la corporéité de l’Église Épouse du Christ (Ep), le péché des origines (Rm 5), et bien d’autres sujets, il expose sa compréhension du mystère, en partant éventuellement de la tradition apostolique telle qu’il l’a transmise au moment de la première évangélisation. Il est certes à lui seul une autorité, mais il ne dédaigne pas de chercher à convaincre. Si bien que sa démarche consiste plus à montrer qu’à démontrer, comptant sur la beauté et la cohérence de la doctrine qu’il expose pour amener chez ses interlocuteurs une adhésion du cœur et de l’esprit. La démarche n’est donc pas si éloignée de celle qu’il emploie face à des publics plus loin de l’Église. Dans les deux cas, il associe l’autre à sa propre réflexion, il lui propose un compagnonnage avec sa propre quête de vérité.
L’apologétique, pour Paul, n’est donc pas seulement un exercice intellectuel, c’est une épreuve vitale, la rencontre de l’altérité. Qu’ils soient au départ consentants ou hostiles, juifs, païens ou chrétiens, il s’agit de rejoindre des hommes là où ils en sont, sans un système tout prêt, et de les aider à s’ouvrir à une perception plus haute, à une vérité plus large et plus profonde, où ils ne peuvent manquer de rencontrer le Christ Ressuscité, comme Paul l’a rencontré lui-même.
M. G.
P. Michel Gitton, ordonné prêtre en 1974, membre de la communauté apostolique Aïn Karem.
Notes de bas de page
- Un état déjà ancien de la question dans Jacques Dupont, Études sur les Actes des Apôtres (Lectio Divina 45), Paris, Le Cerf, 1967, p. 133-160, et Nouvelles ↑
- La traduction de la TOB : « presque trop religieux », tient compte du fait que l’adjectif deïsidaïmôn (qui peut vouloir dire, en mauvaise part, « superstitieux ») est ici au comparatif et non au superlatif. Jérôme a rendu : superstitiosores. Mais il est difficile d’admettre que Paul commence son discours par une critique ; la meilleure traduction serait sans doute : « vous êtes plutôt religieux » (plutôt plus que moins, par contraste avec d’autres). ↑
- Les vv 26 et 27 renferment une phrase un peu énigmatique où figurent plusieurs affirmations : le monogénisme de l’humanité, la délimitation par Dieu des temps et des territoires, et finalement l’intention qui est la sienne de mettre l’homme en quête de lui. L’enchaînement de ces trois éléments n’est pas facile et les traductions divergent sur ce sujet. Les deux premiers éléments dérivent clairement de la Genèse (chap. 2-5 et 10). On pourrait dire que l’humanité formant un seul corps par son origine unique a une même destinée spirituelle et que Dieu a disposé une histoire qui met en jeu des peuples différents et des époques successives pour permettre à l’homme de déchiffrer son projet sur lui. ↑
