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N° 183-184 · mars 2021

La sagesse de l’Orient et le livre des Proverbes


La « crainte de Dieu » est présente dès la révélation divine au peuple d’Israël. Elle y atteint même un sommet à travers les « livres de sagesse » ou « livres sapientiaux », qui ont fait l’objet d’une étude magistrale, il y a près d’un siècle. C’est en effet en 1939 que dom Hilaire Duesberg, o.s.b., achève la rédaction des « Scribes inspirés », où il étudie les cinq livres sapientiaux reconnus comme canoniques par l’Église catholique : Proverbes (de Salomon), Job, l’Ecclésiaste (ou Qohélet), l’Ecclésiastique (ou Siracide), la « Sapience Grecque » (Sagesse). Cet ouvrage s’articule en deux tomes, dont le premier, après avoir introduit les livres sapientiaux, étudie le livre des Proverbes : c’est à ce livre, et à la figure des scribes d’Israël qu’il révèle, que nous consacrerons notre réflexion sur la sagesse biblique.

La figure du scribe dans l’Orient ancien

Les scribes sont avant tout une institution de l’Égypte ancienne. Le scribe, c’est celui qui sait compter, qui sait écrire ; il compte et il écrit pour Pharaon, dont il est une sorte de fonctionnaire et de conseiller. Par sa connaissance de l’écriture et de la comptabilité, il se situe à l’écart, si ce n’est au-dessus, du reste de la population. On est scribe de père en fils, et des écoles forment les futurs scribes. Au-delà des compétences techniques, comptables ou juridiques, il est enseigné dans ces écoles une sagesse pour éveiller les consciences des futurs scribes à l’équité, l’impartialité et la justice. La corporation des scribes a pour patron le dieu Thot, qui inventa l’écriture, auteur des « divines paroles ». La sagesse des scribes de l’ancienne Égypte renvoie ici à des considérations supérieures qui s’expriment à travers une religion polythéiste. La sagesse des scribes est basée sur la tradition et cette tradition se transmet par les livres. Il leur faut pratiquer la justice en songeant au jugement de l’au-delà : la « pesée du ka » par Anubis, dont Thot enregistre le résultat.

Babylone est une autre terre de sagesse : Daniel, qui apparaît dans le livre biblique qui porte son nom, est un sage de Babylone. À l’instar de Joseph, il pratique l’oniromancie1, et comme lui, il surpasse les autres par inspiration divine, à quelques siècles de distance toutefois.

Les scribes d’Israël trouvent leur origine dans la royauté davidique qui, en se poursuivant par Salomon, se départit de l’organisation qui avait prévalu jusqu’alors, celle de l’élection du roi par les chefs de tribu. Cette évolution institutionnelle, qui renforce la monarchie en la rendant héréditaire à l’instar de celle des Pharaons, est acceptée pour la garantie de sécurité frontalière qu’elle apporte au peuple d’Israël et la paix qui en est le résultat. Elle permet également d’inscrire de manière plus affirmée Israël dans le concert des nations du Proche Orient. Le roi, pour contenir les forces centrifuges, gouverne au travers de ses gens : les scribes. Le roi est le scribe par excellence2. Toutefois à la différence des rois d’Orient, il est écarté des fonctions sacerdotales et il est soumis aux les prophètes, qui lui transmettent les ordres du Seigneur3. Aussi la puissance du roi n’est pas exaltée à l’égal de celle du pharaon. Il apparaît comme un rouage dans une dynamique collective du salut, tout comme les prêtres, les scribes et les prophètes, – une forme de tripartition si l’on considère que le roi est le premier des scribes.

Le livre des Proverbes et la mise en valeur de la sagesse Le livre des Proverbes est attribué, tout entier ou partiellement, au roi Salomon. Sans remettre cette attribution en cause, on peut souligner qu’elle s’inscrit, au moins pour partie, dans une logique qui a pour objet d’élever la royauté davidique, autant que faire se peut, au niveau des Pharaons. Tout comme les scribes égyptiens et pour des raisons similaires, les scribes d’Israël développent une sagesse dont le livre des Proverbes est le reflet.

Autour du roi d’Israël gravitent trois groupes qui interagissent : les prêtres, les prophètes et les scribes, qui concourent, chacun à raison de leur rôle, à la quête du salut du peuple d’Israël, illustrée particulièrement dans le livre de l’Exode, même si alors, cette tripartition n’existait pas encore. Les prêtres, « kohanim », constitués en une caste héréditaire, en organisant le culte, s’emploient à susciter l’intervention divine. Ils officient au Temple de Jérusalem, fondé selon la tradition par Salomon. Les prophètes, « nebi´im », manient le message divin qui leur est révélé dans une vision, pour détourner le peuple d’Israël et son roi de l’idolâtrie dans ses différentes formes : l’iniquité, la recherche du lucre qu’exacerbe la prospérité, avec son cortège d’injustices sociales, l’apostasie… Les prophètes présentent le temps du désert comme un âge d’or, comme un modèle et sont d’ardents patriotes. Ils apparaissent comme les gardiens inspirés de l’Alliance entre Dieu et le peuple d’Israël.

Les scribes ou les sages, « hakamim », constituent une caste administrative qui, connaissant le droit et la loi, conseille le roi. Ils se font également ses porte-paroles et ses messagers. Nombre d’entre eux sont dévots. Et c’est dans ce contexte qu’ils rédigent cette collection de petits traités de sagesse qui constituent le livre des Proverbes, afin d’éveiller les consciences au discernement et, ce faisant, à l’impartialité et à l’équité. Les destinataires de Proverbes sont les jeunes gens issus des classes dirigeantes et appelés à exercer des responsabilités au sein de l’administration du roi.

Dans sa forme, la sagesse des scribes d’Israël s’exprime à travers le terme « mashal » ou « meshalim » au pluriel : ce sont des dictons, des épigrammes qui, au moyen de comparaisons, d’analogies éloignées ou paradoxales, frappent l’attention, aiguillonnent l’esprit. A titre d’exemple, on peut citer ceux-ci : « Qui donc à l’aurore donnerait de l’eau à l’oiseau, pour le tuer au matin ? », ou : « Le nom du pauvre n’est cité que par égard pour son maître4 ». Dans la Bible des Septante, « mashal » est traduit par « parabolê » : la sagesse s’exprime sous forme de parabole. À leur début, les « meshalim » proviennent de la verve populaire, travaillés ils deviennent un exercice de sagesse appliquée, dans leur profondeur ils touchent à la sagesse divine.

Par sa composition, le livre des Proverbes n’apparaît donc pas comme l’œuvre d’un seul auteur, mais plutôt comme une collection de petits traités de sagesse. Leurs auteurs ingénieux ont tenu à ce que l’on sache qu’ils avaient enrobé leurs conseils sous des formes savantes, pour que l’acquisition de la vérité se doublât du plaisir de la découverte. L’objet de tant de recherche et de soins est la sagesse, qui se dit en hébreu « hokmah ».

Le but de la sagesse développée par les scribes d’Israël est de transmettre les fruits d’une expérience mûrie au cours d’une longue vie par le maniement des affaires. Il s’agit, pour le scribe, de se former un successeur et de le rendre capable à exercer ce métier en dépit de sa jeunesse. Cette sagesse n’est pas exempte d’ambivalence, c’est à la fois savoir manier les affaires en homme avisé qui ne s’étouffe pas nécessairement de scrupules pour parvenir au succès, et rendre la justice avec équité et impartialité.

L’équation de la sagesse des scribes est d’allier recherche du succès et choix du bien. L’équation est difficile et cela plus particulièrement dans les lieux de pouvoir, dont les scribes sont les habitués. La sagesse des scribes est circonstancielle en ce qu’elle procède du vécu de ces fonctionnaires grands ou petits, dans une succession de cas d’espèce dans lesquels il leur a été donné d’arbitrer au gré des circonstances. Le fameux jugement de Salomon pourrait en constituer une forme d’archétype5.

Les relations avec les autres livres bibliques Il y a lieu de s’intéresser d’abord aux rapports entre la sagesse et la loi (Torah) révélée au Sinaï. Le livre des Proverbes reste silencieux sur la Torah, ainsi que sur les aspects rituels constitutifs du judaïsme, tels que la circoncision, le sabbat, le Temple et ses sacrifices, sans pour autant les contester. On remarque toutefois qu’il exploite les thèmes du livre du Deutéronome et que la religion des Proverbes s’inspire très largement du fonds commun des écrits bibliques et donc de la loi et des prophètes.

Les scribes comme les prophètes aspirent à la justice, et c’est justement l’injustice et la partialité que dénoncent les prophètes, plus particulièrement à l’endroit de ceux qui sont chargés d’administrer : les scribes. On observe une forme de partage des rôles entre les Proverbes, avec les scribes, et les Prophètes (les livres prophétiques). Les scribes s’emploient humainement à améliorer l’administration de la justice, tandis que les prophètes, inspirés par l’Esprit, envisagent les choses dans l’absolu et discourent en conséquence, en renvoyant à des modèles exigeants mais accomplis avec une intégrité parfaite et une incorruptibilité sans faille. Il s’agit bien d’une complémentarité entre une humanité qui cherche, qui discerne, et des prophètes qui révèlent.

L’auteur va jusqu’à évoquer un drame intime entre le scribe et Dieu dans l’hypothèse où le scribe viole la justice. Toutefois sans pour autant en tirer des conséquences quant à la vie éternelle, à laquelle le livre des Proverbes ne s’intéresse pas directement. Idéal sapientiel et idéal prophétique sont contemporains et se font des mutuels échanges. Les Proverbes seront donc contemporains des Prophètes ou, s’ils leur sont postérieurs, ils seront également postérieurs à la doctrine même qu’ils auront codifiée après qu’elle eut vécu. Hypothèse qui n’est pas impossible mais relèguerait les Proverbes dans la catégorie des œuvres mortes, des essais de reconstitution d’un âge périmé.

Ce qui est certain, c’est que David et ses successeurs apparaissent comme des monarques accomplis, à la condition d’être des scribes de la loi, et les prophètes sont là pour le leur rappeler. C’est donc aux rois qu’il incombe de faire la synthèse entre sagesse et Torah, et de l’impulser à leurs gens : les scribes. Ce qui donne au roi un rôle particulier au sein de la tripartition.

L’étude détaillée montre par ailleurs que les rapports entre les Proverbes et la Torah ne sont pas constants dans le cours de l’énoncé : Pr I diffère assez de Pr II-VII6. On a pu s’en apercevoir à l’étude du vocabulaire qui lui est propre. Sa pensée n’est plus au niveau des autres parties. Elle s’en détache et les domine. Les promesses qu’elle prodigue sont autrement séduisantes que les assertions sèches des autres parties de Proverbes. De la Torah, de la vie du Temple, pas la moindre trace. La sagesse ici recommandée est bien celle qu’ont cultivée les fonctionnaires disparus depuis la chute de la monarchie.

Pr II et les collections suivantes côtoient l’esprit du Deutéronome plutôt que la lettre du livre. Pr 8 se rapproche davantage de la chose écrite pour exprimer des réflexions qui s’apparentent à la « seconde Torah ». Cette notion de sagesse, organisatrice de l’univers comme des États, l’auteur la tenait des scribes royaux que frappait le rôle administratif de la Providence, mais sa foi en un Dieu transcendant, qu’il n’appelait pas de ce terme abstrait, mais qu’il reconnaissait comme le démiurge du monde, l’éclairait dans son hymne à la Sagesse du Créateur.

La pensée des scribes se rapproche ainsi du Deutéronome parce que très probablement les scribes sont en contact avec les prophètes, pour discuter avec eux des intérêts religieux de l’État. Leurs maximes ne s’écartent pas mais prennent congé de certains thèmes deutéronomiques ; ils leur paraissent suffisamment exposés ailleurs et ils n’en avaient pas besoin pour eux-mêmes.

Le vocabulaire des prophètes se fait d’ailleurs volontiers sapientiel, ils apprécient le bien et le mal avec la terminologie des Proverbes. Proverbes devient l’œuvre collective, l’expression de la pensée, la somme de l’expérience, l’exposé des principes, le testament spirituel des gens du roi, qui furent les protagonistes et les soutiens de la politique séculière en Israël.

Ainsi, dans le psaume 119, l’orant demande la pureté morale, car il a conscience d’être inégal à sa tâche, il implore la grâce de comprendre la Loi, et d’y demeurer fidèle. Ce psaume a des ressemblances avec Proverbes, en ce que la Loi est en train de devenir sagesse, et déjà elle reprend à son profit une partie importante du répertoire sapientiel. La Torah a donc ses « clients » ; le psalmiste est un jeune homme comme le destinataire de Pr I et on voit poindre les simples que la Loi rend raisonnables. La Sagesse donne des fruits et la Loi aussi : c’est la vie heureuse, parce qu’en plénitude.

Sagesse des Proverbes et sagesse de l’Orient Les scribes d’Israël ont inculturé la sagesse d’Orient, qu’elle vienne d’Égypte ou de Babylone, à leur propre système de pensée et de croyances, en y intégrant les apports du monothéisme. Ils l’ont inculturée en la transposant dans un univers où la chose politique était de moindre importance, la chose religieuse essentielle. Les écrivains monothéistes, rencontrant cette forme de bonheur, inédite pour eux, en ont fait leur bien en la modifiant selon les exigences de leur foi et selon leurs traditions.

C’est la révérence envers Yahweh, choisie délibérément par les scribes, qui élève leur sagesse au-dessus des contingences et des compromis qui pourraient être le lot quotidien de ceux à qui a été confiée l’administration de territoires et de la justice.

Dans les sagesses orientales il est fait mention du « silencieux » et de « l’échauffé », deux postures qui s’opposent. Le silence est moins un habitus de l’esprit, d’ordre psychologique, qu’une qualité morale acquise par l’exercice. Le silencieux est l’homme paisible et sans passion, le patient, l’humble qui se domine. Il est également avisé, sachant l’art de plaire, ne survenant qu’à propos, capable de s’acquitter d’une commission difficile avec dextérité et dignité, et mêlant un grain de flatterie à sa servilité. Il est lent à parler, peu empressé à se produire, il évite la cohue, les échauffourées, les parties de débauches.

Le silencieux s’oppose à l’échauffé, qui est le fiévreux, moralement parlant, le passionné, le sans patience. Le roi loue le silencieux parce qu’il éteint la chaleur. L’échauffé est indocile, il bouscule les traditions vénérables qui régissent la science et les belles-lettres. Dans les sagesses orientales, être sage, c’est savoir discerner dans une série continue de circonstances. Cette pratique constante du choix raisonnable suppose l’exercice soutenu du renoncement, dans la perspective de l’au-delà et ses conséquences.

Dans la Bible, parmi les composantes de la sagesse (« hokmah »), qui s’expriment à travers des verbes ou des substantifs, les unes sont d’ordre intellectuel et renvoient à un exercice d’assimilation critique par la connaissance et la compréhension, les autres sont d’ordre moral, et se réfèrent au discernement de la conscience, à la vénération de Yahweh. Proverbes raille celui qui est sage à ses propres yeux et qui, ce faisant, se prive d’un contrôle objectif venu du dehors. La quête du Salut passe par la sagesse mais s’accomplit dans la Révélation.

La religion des Proverbes puise ses éléments dans le fonds commun des écrits bibliques, la loi et les prophètes. La religion de la Bible est théocentrique ; c’est la connaissance de Dieu et de ses attributs, par la Révélation, qui détermine le sens des actes et les attitudes de la vie morale. La loi exprime en termes formels cette équation entre la justice ou la compassion philanthropique et l’appartenance à Yahweh. Toute cette théologie aboutit à une révérence à l’endroit de Dieu, comme à la mise en pratique d’une connaissance de Dieu purgée de terreur, parfois familière, mais elle aboutit surtout à une crainte révérencielle pleinement consciente de la distance entre l’humanité et la divine perfection, accomplissement du Salut. Dans les Proverbes, cette révérence se double de la confiance filiale en Dieu.

Le verbe « yarè´ » signifie en effet « craindre » dans le sens de « respecter », se tenir en vénération de Dieu, craindre en révérant. Cette crainte consiste à se détourner du mal. Le substantif féminin « yir´ah » signifie la crainte ou la terreur et quand il s’applique à Dieu, la crainte, la révérence, la piété. Cette crainte révérencielle de Dieu poussera le sage à se conformer scrupuleusement à sa volonté, Il pratiquera dès lors la « tsedaquah », c’est-à-dire le droit et la justice. « Pratiquer la justice et l’équité » est préférable, pour Yahweh, à accomplir des sacrifices. Les Proverbes identifient le juste et le sage, ils ont tous les deux un même sort et les mêmes références.

La morale des Proverbes n’est pas laïque, tant s’en faut, elle est même enrobée de religion. Mais la religion y est séparée de son milieu natif, on se tait sur son origine : l’alliance, sa charte : la Torah. Le problème des scribes est de construire une théorie du succès qui demeure subordonnée à la morale de Yahweh. Toute sagesse suppose qu’on choisisse le mieux et qu’on sacrifie le moins bien. La crainte de Dieu est toujours le mieux. Les Proverbes l’obtiennent par l’affirmation énergique et fréquente des droits de la morale religieuse, celle du Décalogue, mais parfois il y a plutôt soudure qu’alliage. Le service de Dieu l’emporte sur celui du roi. Les Proverbes ont pu le faire en poussant aussi loin qu’il était nécessaire cette intervention de la morale divine, parce qu’elle leur avait été révélée.

Pour conclure, on peut se demander si ce n’est pas aller vite en besogne que de déprécier la sagesse d’Égypte et de Babylone au motif qu’elle renvoie à un polythéisme, reflet d’une mentalité collective qui a du mal à discerner entre ce qui relève de phénomènes naturels, qu’elle ne comprend pas et auxquels elle cherche à donner une explication surnaturelle, et un appel à la transcendance qu’elle perçoit. Si cette réflexion est inaccomplie, la part de considérations métaphysiques qu’elle comporte ne peut-elle être qualifiée de semence du Verbe ? Ce faisant, on peut rendre témoignage à l’Égypte et à l’Orient de leur contribution, même inaccomplie, dans la quête du Salut, et y retrouver l’affirmation de la tradition chrétienne que l’humanité dans sa totalité est invitée au Salut.

En tout état de cause, la sagesse d’Orient a su séduire, en les inspirant, les scribes d’Israël qui baignaient dans un milieu imprégné de la révélation divine, à une étape où elle se trouve en voie d’accomplissement dans le christianisme.

On ne peut qu’être sensible, en ce début de xxie siècle, pour lequel le dialogue interreligieux est un vrai enjeu à raison du caractère désormais multiculturel des sociétés, à ce dialogue entre les mondes égyptien et babylonien d’une part, et le monde juif d’autre part.

Cette œuvre de sagesse du peuple élu que constitue le livre des Proverbes a pris sa place dans l’économie du salut soulignée par saint Irénée, au travers de laquelle la Providence divine informe l’humanité et sa faiblesse dans la quête de son Essence par la grâce du discours raisonné de Dieu, le Christ, qui récapitule cette économie du Salut, et nous dévoile le Père, dans la sollicitude rémanente de l’Esprit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, celui qui croit en moi aura la vie éternelle7 ».

H.F.

Hugues Fontant, juriste de formation et consultant. Engagé dans l’évangélisation de rue.

Notes de bas de page
  1. Cf. Gn 37, 5 et Dn 1, 17. ↑
  2. Voir Dt 17, 18. ↑
  3. Voir 1 S 15, 1-3. ↑
  4. Cf. H. Duesberg, Les scribes inspirés. Introduction aux livres sapientiaux de la Bible. [I.] Le Livre des Proverbes, Paris, Desclée De Brouwer, 1938, p. 164. ↑
  5. Voir 1 R 3, 16-28. ↑
  6. La division du livre ainsi proposée en plusieurs collections est celle de savants modernes. Voici quelques éléments de comparaison avec la division traditionnelle, reproduite par nos bibles : Pr I = Pr 1,8 – 9,18 ; Pr II = Pr 10,1 – 22,16 ; Pr III-VII = Pr 22, 17 – 30,33 (cf. Traduction œcuménique de la Bible. Edition intégrale, Paris, 1994). ↑
  7. Jn 14, 6. ↑

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