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N° 185 · novembre 2021
L’identité malheureuse
Le mot identité renvoie au mot identique. Ainsi une identité est ce que j’ai de similaire (identique) à d’autres. La construction d’une identité se fait fondamentalement par imitation. René Girard nomme ce processus le « désir mimétique ». Ainsi nous pouvons considérer qu’avoir accès à une identité conduit à un certain bien-être et à un épanouissement. Savoir qui je suis et ce que je suis me permet d’évoluer dans le monde et d’y trouver ma place.
Durant des siècles, l’identité ne fut donc pas un problème. Chacun savait qui il était et où était sa place dont il ne s’agissait pas de bouger. Le bonheur ou le malheur n’étaient pas une question d’identité mais de sort plus ou moins favorable. À l’aube du temps des grandes révolutions, Saint-Just en énonçant sa célèbre phrase : « le bonheur est une idée neuve en Europe » (Convention nationale, séance du 3 mars 1794) rejeta l’incertitude du bonheur lié au sort, pour en faire un but politique et désigner des groupes humains comme malheureux. Comme le dit là encore René Girard « les Pierre-Henri Beugras législateurs, là où leurs ancêtres ne voyaient rien à réformer, découvraient l’oppression et l’injustice ».
Ainsi l’identité entra-t-elle en…
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