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N° 188 · septembre 2023

L’unité de l’amour selon Benoît XVI


Nygren dans les années 1930. Son maître ouvrage porte, comme l’indique son sous-­titre, sur « la notion chrétienne de l’amour et ses transformations ». La thèse est presque contenue dans le titre « Éros et agapè », pour peu qu’on y lise plutôt : « Éros ou agapè ». Entrons plus avant dans la remarquable argumentation de Nygren. Agapè nomme la conception néo-­testamentaire de l’amour, tandis qu’éros nomme sa conception hellénistique, qui lui est à peu près contemporaine, mais foncièrement opposée, selon Nygren. L’éros, mobile central de la théorie hellénistique de la rédemption, est une notion de l’amour qui revêt le caractère d’un désir ; il est égocentrique. L’homme, tout ensemble point de départ et point d’aboutissement, occupe ici la place prééminente. L’éros, en tant que point de départ, désigne le besoin dans lequel se trouve l’homme ; en tant que point d’aboutissement, il est la satisfaction de ce besoin1. Au contraire,

l’agapè, l’amour au sens chrétien, est d’une autre nature. Elle n’a rien de commun avec le désir. « Elle ne cherche pas son intérêt » [1 Co 13, 5] ; elle ne s’élève pas, comme l’éros, pour s’assurer des avantages ; elle est, au contraire, sacrifice et don de…

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