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N° 189 · avril 2024

Grandeur et décadence de l’école républicaine


C’est en vain que les conservateurs cherchent dans la laïcité de l’enseignement public les raisons de sa décadence actuelle. Pire que décadence, décomposition déjà avancée, qui se mesure à différents critères : baisse générale du niveau, volant croissant d’illettrisme, loi du plus fort dans les cours de récréation (que, faute de pouvoir l’empêcher, on appelle « harcèlement »), démoralisation et recul intellectuel du corps enseignant, désordre et indiscipline au sein même des locaux scolaires. En aval, la baisse du niveau de nos ingénieurs et donc de la capacité économique du pays, ou l’inculture de nos hommes politiques.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Le xixe siècle avait vu l’instauration en France d’une forte école publique : les lycées de Napoléon calqués sur les collèges jésuites (où le réveil au son du clairon avait remplacé le réveil à la cloche !), l’œuvre réformatrice de François Guizot, de Victor Duruy et d’autres. Elle était complétée par une école privée solide où la classe dirigeante apprenait les humanités classiques.

L’ordonnance du 13 décembre 1698 de Louis XIV obligeait les parents à envoyer leurs enfants jusqu’à 14 ans à l’école paroissiale, appelée aussi…

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