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N° 190 · août 2024
La stabilité doctrinale en procès
Longtemps l’Église catholique a fait de la stabilité de sa doctrine un argument de poids en faveur de sa crédibilité : alors qu’on pourrait repérer des variantes qui tournaient parfois à la contradiction entre les thèses défendues successivement par les ministres protestants, l’Église romaine pouvait se vanter d’une continuité sans faille de son magistère. Mais ce qui semblait naguère un argument en faveur de la vérité des options catholiques serait plutôt aujourd’hui une raison de suspecter un fixisme incapable d’évoluer avec son temps, et donc un handicap sérieux.
Quelques objections simples N’a-t-on pas progressé depuis le concile de Nicée ? Anecdote cocasse : un journaliste, citant la référence qu’avait faite le pape Paul VI aux décisions du concile de Nicée, s’était contenté de mettre entre parenthèses, avec un point d’exclamation : 325 ! Comme si cette date reculée suffisait à ridiculiser le propos.
Bien sûr, la notion de progrès, surtout dans les réalités intellectuelles et religieuses est ambiguë. Mais la connaissance de l’histoire des dogmes révèle plutôt un « développement » qui s’appuie sur des données premières qu’on peut considérer comme l’enseignement des apôtres et…
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