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N° 190 · août 2024
Mystique et dogme : une « fidélité créatrice » par-delà le nihilisme
L’imagerie moderne du « mystique » est celle d’un original animé d’une soif d’absolu, qui, ne se reposant que sur sa seule intuition, se libère des carcans de la société. Cette imagerie doit sans doute plus au romantisme qu’à la réalité historique. Pourtant, elle a des conséquences très directes sur la manière de considérer l’Église, son institution et ses dogmes. Celle-ci apparaît a contrario comme un cadre figé et sclérosé. Les dogmes semblent des formules vides de sens. Il faut critiquer cette représentation un peu caricaturale et surtout qui ne reflète en rien la relation traditionnelle du dogme et de la mystique. Nous commencerons donc par rappeler le rôle central de la mystique dans la tradition chrétienne. Ensuite, nous évoquerons la tendance contemporaine à constituer une « expérience mystique » comme une réalité autonome, finalement appelée à se substituer aux religions, voire à les anéantir complètement. Enfin, à partir de la réflexion de Gabriel Marcel sur la fidélité, nous proposerons une articulation possible de la mystique et du dogme.
L’adjectif « mystique » vient du verbe grec muo qui veut dire « se fermer ». C’est à partir d’un fait social important pour les…
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