Auteur : RÉSURRECTION

  • La Messe et la Bible

    Au soir du Jeudi saint l’histoire religieuse de l’humanité s’enrichit d’un rite radicalement nouveau. Désormais, on ne eut plus comprendre ce qu’est un sacrifice sans se référer à l’offrande exemplaire que le Fils de Dieu a fait de lui-même à la Cène et au Calvaire. Désormais, Dieu est présent aux hommes d’une nouvelle manière : sa proximité dans l’Eucharistie est d’un réalisme que toute la Tradition catholique atteste. Il fallait que des mots existent, non pour élucider ces mystères, mais pour donner aux apôtres de pouvoir en apprendre l’existence, d’en entrevoir la profondeur.

    Dieu avait préparé ces mots tout au long de l’Ancien Testament : d’en suivre la lente élaboration permet d’enrichir notre compréhension de l’événement du Cénacle, c’est refaire pour notre propre compte l’apprentissage que deux millénaires durant, le Peuple élu poursuivit sous la conduite du Saint-Esprit. L’article d’Henri Cazelles nous découvre comment, à travers une expérience historique dont nous pouvons retrouver les mécanismes, des gestes et des mots humains se sont chargés sous l’action de Dieu d’une plénitude de signification, qui leur permettraient, employés par le Seigneur Jésus-Christ, de traduire le mystère. Nous pourrons alors relire le récit de l’institution de l’Eucharistie et mieux en discerner la profonde richesse ; derrière les mots tant de fois lus et médités, nous ressaisirons l’inépuisable apport de la Révélation.

  • Faut-il tuer le sentiment religieux ?

    On ne peut esquiver la question : quelle est la valeur du sentiment dans le domaine religieux ? Comment un homme qui, par la foi, a fait remise de toute son existence à Dieu ne chercherait-il as à éprouver sa présence jusque dans sa sensibilité et retrouver ce contact immédiat, cette évidence dont notre être est assoiffé ? Pour beaucoup c’est sa répercussion au niveau de notre affectivité qui mesure l’authenticité de notre rencontre avec Dieu. Et ils iront jusqu’à refuser de croire à son existence si l’effet qu’ils en attendaient ne se produit pas, s’ils ne ressentent rien alors qu’ils orientent leur pensée vers Lui. Jean Daujat étudie le cas d’un de leurs porte-parole les plus lucides, Georges Duhamel, et montre comment ce préjugé, cette idée à priori de la foi, contraire à la pensée de l’Eglise, est ruineuse pour toute l’expérience spirituelle qu’elle limite singulièrement à des dimensions strictement humaines. Nos rapports avec Dieu ne sauraient être réduits aux variations de notre sensibilité.

    Mais, pour autant, il ne faudrait pas évacuer de la démarche religieuse toute part de l’affectivité. C’est le témoignage des plus grands des chrétiens qui nous y invite, celui par exemple d’un Père de Foucauld dont l’évolution spirituelle serait incompréhensible si l’on ne tenait pas compte de cet amour très simple qui allait jusqu’à se porter aux lieux où avait vécu son bien-aimé Maître et Seigneur, à la façon dont l’amant revient toujours au cadre dans lequel son amour s’est développé. Les textes rassemblés et présentés par Michel Duhamel en fournissent la preuve.

    Prenant parti dans les discussions dont les chansons du R. P. Duval font actuellement l’objet, Pierre Mouchel justifie cette attitude de familiarité avec le Christ que le style de ses chansons rend plus provocante mais qui est substantiellement la même que celle que vivait l’ermite de Tamanrasset. Il s’agit là d’une attitude qui est scandale pour l’intelligence humaine et dont la clé n’est donnée qu’à ceux qui acceptent l’étonnante Bonne Nouvelle, Dieu nous aime. Elle est celle de tous les auteurs inspirés et il n’y a rien de paradoxal à la proposer à l’homme du XX° siècle.

    Robert Fullot montre le rapport qui unit cet amour de Dieu qui pourrait équivalemment se dénommer amitié, affection respectueuse mais tendre, et les liens fraternels qui doivent s’établir entre le chrétien et tous ceux qui l’entourent. Un ordre existe entre eux et les recherches spirituelles modernes risquent de le bouleverser, déplaçant le centre de gravité de l’existence chrétienne et le réduisant à l’humain. Plus que jamais il importe donc d’être lucide et de garder conscience claire de ce qui est le premier de nos amours.

    L’article de J.-M. Le Blond nous situe dans une autre atmosphère, en apparence moins proche des problèmes spirituels quotidiens. Analysant avec une très grande clarté l’affirmation de la création, il nous en montre la plénitude de signification et comment elle peut conduire à la reconnaissance de l’existence de Dieu par la raison. Cette démarche de l’intelligence que l’Eglise déclare possible, valable nous apparaît souvent difficile ; décrite ici en termes modernes, elle se découvre à nous beaucoup plus riche spirituellement que nous n’étions accoutumés à la considérer et fondant notre quête de Dieu sur une assise plus robuste qu’une émotion passagère ou une inquiétude et un besoin de réconfort.

    La préparation d’un important numéro qui exposera ce qu’on entend par théologie des laïques, apostolat et fonction propre des laïques dans l’Eglise, nous empêche de joindre à ces articles l’ensemble des chroniques et dossiers habituels : nous nous en excusons auprès de nos lecteurs. La place que ce problème occupe actuellement dans le catholicisme occidental méritait cette préférence et nous espérons que l’on ne nous en tiendra s rigueur.

    Résurrection

  • Savoir de quoi l’on parle

    Depuis dix ans, la signification du mot  » laïque  » est en train d’évoluer. Longtemps le laïque – par abus il est vrai – désignait l’anticlérical qui entendait limiter l’influence de l’Eglise à la sacristie, et encore après en avoir dressé l’inventaire. Dans la presse, le mot recommence à désigner selon la plus stricte étymologie le chrétien, le membre de l’Eglise, du Peuple de Dieu. Bien sûr, les laïques (ancien sens) demandent toujours l’abrogation de la Loi Barrangé mais ce sont encore des laïques (sens nouveau) dont on nous apprend qu’ils cherchent leur place dans l’Eglise, qu’ils discutent avec la Hiérarchie, qu’ils se réuniront à Rome pour penser leur apostolat en octobre prochain. Parfois les laïques (ancien sens) reprochent aux laïques (sens nouveau) de promouvoir un prosélytisme indiscret, un apostolat (tout étonné de se voir accolé l’épithète  » laïque  » aux consonances équivoques). A l’intérieur même des milieux catholiques on s’est demandé depuis quelques années si ce laïque devait nécessairement être apôtre, en quoi consistait son apostolat, s’il se distinguait de celui d’un prêtre, s’il était bien son activité spécifique. Et la discussion s’est faite générale sans qu’on y voie pour autant plus clair.

    L’étudier méritait cet important numéro. Il réunit pour la première fois l’ensemble des informations qu’il faut posséder pour comprendre et les discussions et les prises de position actuelles. Résurrection souhaite moins ajouter une synthèse nouvelle à toutes celles qui ont vu le jour à ce propos que de poser le problème clairement en indiquant quels en sont les tenants et les aboutissants, persuadé que l’union des esprits si divisés en ce domaine viendra tout naturellement quand on mettra la même chose sous les mêmes mots.

    Mais pour ce faire il faut connaître leur histoire, savoir ce que l’apostolat des laïques a été au cours des siècles, comment les papes en ont parlé et comment les théologiens ont réfléchi sur lui. Il faut aussi savoir quelles réalités concrètes se cachent derrière ces mots de 1957, et cela, nous ne pouvions le demander qu’aux mouvements eux-mêmes qui par la volonté de l’Eglise déploient cet apostolat. Il fallait encore interroger les militants de base qui, loin des états-majors, en ont une vision moins satisfaisante pour l’esprit mais sans doute plus réelle. Et il était nécessaire d’entendre des personnalités à qui leurs multiples contacts ont permis de se faire une idée plus vaste de cette réalité difficile à étreindre. Alors, mais alors seulement, on a essayé de préciser le sens de cette expression.

    Résurrection serait heureux s’il apportait un peu de lumière à une recherche qui s’égale aux plus grands débats qu’a connus l’Eglise.

    Résurrection

  • Liminaire

    Ceux qui lancent cette revue ne prétendent pas avoir personnellement quelque chose à dire dans le domaine qu’ils ont choisis pour elle. Il leur semble que la littérature actuelle, celle des essais et des périodiques, est suffisamment pourvue de ce qu’un laïc peut attendre et élaborer comme réponse chrétienne aux problèmes de ce temps, comme réflexion religieuse en termes d’aujourd’hui. Ils ne veulent rien y ajouter.

    Ils ont seulement constaté en eux-mêmes et en beaucoup de chrétiens de leur génération une grande faim de connaissances religieuses proprement dites.

    L’action catholique leur a réclamé de faire passer l’Evangile dans toute leur vie. Ils s’efforcent sincèrement de mener leurs activités familiale, professionnelle et même politique par la force victorieuse du RESSUSCITE en qui tout doit être récapitulé. Mais ils ont souvent l’impression que le contact avec Lui est mal établi au départ, dans une incertitude qui les expose à ne pas être des instruments très authentiques.

    Leur vie spirituelle s’est pourtant abreuvée aux sources rénovées de la Bible et de la Liturgie, mais, un peu perdus dans les richesses mêmes qui leur étaient offertes, ils ont cherché un point de cristallisation de leur pensée religieuse qui leur permît à l’heure des décisions difficiles de faire peser toute l’espérance de la RESURRECTION sur le sacrifice demandé.

    Pour y parvenir ils ont essayé d’arracher à leur vie surmenée les quelques instants indispensables pour pénétrer intellectuellement les mystères et particulièrement celui de la RESURRECTION dont dépendent la puissance et le succès de leur vie chrétienne toute entière. Mais bien qu’on se soit mis en frais pour eux depuis quelques temps dans les milieux théologiques, d’où sont sortis tant de volumes en excellent français et même plusieurs revues de lecture agréable, ils n’ont as été complètement satisfaits. Plusieurs de ces publications sont encore trop savantes pour eux ; d’autres se sont volontairement restreintes à un domaine limité. Il faudrait en lire beaucoup et fournir un effort de synthèse qui ne peut prendre place au soir d’une journée déjà trop chargée.

    Alors, persuadés qu’ils avaient droit à cette nourriture qui descend du ciel par l’intermédiaire des livres inspirés et est distribuée par l’Eglise à la fois constante en ses enseignements et capable de se faire entendre de toutes les générations, ils se sont adressés, comme ils l’auraient fait devant une difficulté de leur domaine professionnel, aux compétences, c’est-à-dire aux théologiens.

    Ils ont osé leur demander de parler d’une façon bien vivante ; ils les ont prié de ne pas s’imaginer les besoins des laïcs et de ne as leur fournir une pensée tellement adaptée qu’elle ne les mettrait pas en contact avec le jaillissement même de la Révélation. Ils leur ont proposé de travailler avec eux ; ils ont promis de leur avouer sans détours s’ils étaient atteints par l’enseignement dispensé.

    C’était beaucoup de prétentions ! Ils ont eu la joie d’être entendus et de n’essuyer aucun refus. Exégètes, patrologues, liturgistes, moralistes, directeurs et rédacteurs des plus grandes revues religieuses dominicaines et jésuites promirent leur concours. Et, joyeux d’une telle libéralité, ils n’ont pas voulu en garder pour eux seuls le bénéfice. Une revue s’ébaucha sous le nom du mystère qui avait résidé aux recherches : RESURRECTION. Depuis, on leur a dit qu’elle intéresserai aussi, peut-être, des prêtres ou des séminaristes soucieux de traduire leur théologie dans la langue de tout le monde, et même quelques religieuses désireuses de soutenir leur prière ou leurs actions pour un dialogue religieux avec un monde qu’elles n’ont quitté que pour mieux le servir.

    A lire ce premier numéro on s’apercevra qu’il y a loin des projets aux réalisations. C’est un effort et un commencement. Si ses lecteurs ne lui ménagent ni critiques ni suggestions, le second, grâce à eux, sera meilleur.

    RESURRECTION

  • L’impossible unité

    Le monde est cassé et nous avons la nostalgie de l’unité détruite, la hantise de la reconstruire.

    Un simple regard sur la mappemonde, la lecture du journal, l’écoute de la radio nous persuadent que le progrès scientifique n’a en rien amélioré l’entente internationale : la paix du monde est de plus en plus fragile, et son destin angoisse chacun d’entre nous.

    Dans le milieu professionnel comme dans le milieu familial, la même douloureuse expérience se renouvelle. A cela près que, nous y trouvant plus directement en contact avec le réel, nous mesurons davantage la résistance qu’il oppose à notre vœu et à notre effort : amitié ou amour sont plus souvent rêvés que réalisés. Quels que soient les noms dont on les baptise, passions ou complexes, les obstacles que notre vie affective oppose à toute forme de compréhension mutuelle sont un fait d’expérience courante.

    Jusqu’au cœur de notre personnalité ce phénomène de dispersion dégradante est ressenti, nous éprouvons une immense difficulté à intégrer harmonieusement, à unifier toutes les tendances qui composent notre moi, et nous faisons sans fin l’expérience d’un saint Paul :  » Ce que je veux, je ne le fais pas ; ce que je ne veux pas, je le fais. « 

    Le chrétien qui expérimente sa propre impuissance à résoudre cette difficulté, cette énigme, se tourne vers la Révélation. Il en attend à la fois une lumière qui l’éclaire sur les raisons de cette impasse, et le moyen concret d’en sortir. Ce n’est pas par des moyens de coercition humains que nous arriverons à reconstituer l’unité disparue : ni guerre, ni police, ni camp de concentration ne peuvent y parvenir. Ce n’est pas une mystique humaine qui le pourra davantage : il n’en est pas qui ait rassemblé durablement les hommes, ni qui ait réussi à unifier définitivement leur vie spirituelle. Il faut que Dieu, par un coup de force, fasse brèche dans le mur auquel nous sommes acculés.

    Le premier enseignement que la Bible peut lui donner nous est présenté par M. Feuillet : toute l’histoire du Salut se développe comme une dialectique de la dispersion et de l’unité. La première est conséquence de la révolte orgueilleuse de l’homme contre Dieu. Le salut sera précisément œuvre de réunion, de rassemblement, d’unification. Paradoxe de l’action de Dieu : cette entreprise suppose initialement un choix exclusif, mais par lui c’est l’unité de l’univers tout entier qui se réalise progressivement. Seul Dieu peut unir les hommes, mais pour cela son amour leur demande d’abord une rupture.

    C’est Dieu qui est l’auteur de l’unité. Le chrétien découvre dans la contemplation du mystère de la Trinité la raison profonde de cette décision, en même temps que celui qui en est l’artisan, l’Esprit Saint. Ce que nous tendons à réduire à une morale de l’altruisme ou de la philanthropie est en réalité conséquence de l’être même de Dieu. Le chrétien, hanté par le souci de refaire l’unité, veut prolonger dans la création un ordre et une cohésion intérieure au Créateur. C’est le sens de l’article de M. Coloni.

    Mais cet Esprit, qui scelle l’unité divine, est encore celui qui achève celle de chaque homme. Dieu seul est suffisamment au cœur de nous-mêmes pour que son action, loin d’éliminer notre liberté, l’exalte et lui donne d’intégrer toutes nos facultés dans l’élan et l’engagement de notre liberté : M. Brien, relisant saint Paul, nous en donne l’explication ;

    Ces interventions de l’Esprit à l’œuvre dans le monde ne se développent pas seulement dans l’intimité de la conscience individuelle mais par la médiation d’une société visible, l’Eglise de Jésus-Christ. La lenteur des progrès de cette dernière fait parfois douter qu’elle soit toujours habitée par l’Esprit, de même que la précarité des résultats de notre évolution religieuse personnelle peut faire douter qu’elle atteigne à son terme : l’union à Dieu. L’étude d’histoire de l’Eglise menée par M. Teissier peut nous convaincre que la pédagogie divine est lente, l’action de l’Esprit accepte des délais. Que le Royaume n’avance pas plus vite ne doit nullement mettre en cause notre foi ni notre confiance dans l’issue finale de la lutte menée par l’Esprit pour le rassemblement de toute l’humanité en Dieu.

    Résurrection

  • Une religion pour intellectuels

    Une revue qui s’affiche doctrinale et qui se propose d’aider des laïcs à faire de la théologie paraît à certains une incongruité : la théologie est affaire de clercs, ne mélangeons pas les genres ; au demeurant, la sainteté à laquelle tout baptisé se doit d’aspirer ne peut être confisquée par les intellectuels, elle est sans lien avec cette activité cérébrale dont il est si facile de tirer vanité.

    Résurrection s’inscrit en faux contre cette double affirmation et prétend qu’il est souverainement important de donner accès à une théologie débarrassée pour la circonstance de tout un appareil technique nécessaire pour la recherche, regrettable quand il constitue un écran entre le baptisé et la Parole de Dieu.

    Aux premiers siècles de l’Eglise, on appelait souvent le baptême une illumination : le christianisme apparaissait moins comme un style ed vie ou comme un ensemble de rites que comme une connaissance qui transformait celui qui y accédait. La liturgie quadragésimale garde parmi nous le souvenir de cette initiation qui était essentiellement une instruction. La catéchèse consistait à raconter une histoire dont la connaissance faisait le monde nouveau aux yeux de qui la reconnaissait vraie. Et le disciple du Christ pouvait manifester sa conversion aux regards de son entourage en prenant le manteau – nous dirions l’uniforme – du philosophe.

    Qu’un tel intellectualisme nous gêne, ce peut être la faute des spécialistes des connaissances religieuses qui en parlent de telle sorte que la vie semble s’en être totalement retirée ; ce peut également être dû à notre tendance à réduire le religieux à une expérience toute intime. L’extériorité, le nécessaire extrincécisme d’un message reçu d’un autre pour que sans doute nous le transmettions à d’autres nous paraît faire violence à la spontanéité de nos aspirations vers Dieu. Nous préférons définir notre religion comme une  » vie  » qui, se transmettant par une mystérieuse contagion, ne brutalise pas notre très précieuse liberté. On ne sait lus pourquoi on croit, on ne sait plus à quoi on croit et l’on se contente de goûter l’expérience de sa propre ferveur, plus soucieux de sauvegarder son conditionnement sociologique que de l’alimenter par des découvertes intellectuelles.

    Bien sûr les conditions subjectives d’accueil de cette révélation ne sont pas indifférentes et A. Brien, poursuivant son étude de la conversion du cœur dans le Nouveau Testament, nous montre que l’acuité de notre intelligence en dépend. Mais cette transformation de nous-mêmes, requise pour comprendre et accueillir la Parole de Dieu, est elle-même produite par l’initiative divine qu’il nous est seulement demandé de reconnaître pour qu’elle déploie en nous toute son efficacité. J. Laplace, à partir de la première épître de Saint Jean, nous le rappelle, mettant ainsi en relief combien la spontanéité de notre élan vers Dieu n’est jamais qu’une réponse.

    Or cette prévenance du Dieu qui nous transforme passe par notre intelligence. Y. Delagne nous l’explique en nous présentant l’itinéraire spirituel élaboré par l’un des plus grands compagnons spirituels de saint Bernard. N’est-ce pas d’ailleurs par une telle sollicitation que Dieu respecte davantage le mystère de l’engagement libre, personnel, d’une créature à son égard ?

    Il faut donc inventorier les voies que Dieu emprunte pour venir à notre rencontre et c’est l’intérêt de l’article de M. Saudreau qui nous explique la raison d’être du raisonnement théologique, perpétuel retour aux sources, si étonnant pour un esprit moderne habitué à une pensée qui se développe à partir d’elle-même.

    Quelques indications pratiques suivent, visant à faciliter l’apprentissage de cette quête de Dieu à partir de sa Révélation qui est malheureusement devenue le privilège d’un trop petit nombre. C’est parce que c’est là notre conviction profonde que Résurrection a entrepris une vulgarisation théologique qu’il juge la tâche la lus urgente alors que les catholiques sont en si petit nombre : les méthodes qui furent celles de l’Eglise primitive et qui convertirent et transformèrent une première fois le monde peuvent, semble-t-il, être reprises avec profit.

    Résurrection