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N° 193 · juin 2026
Châtiment ou conséquence ?
On ne dira jamais assez le mérite d’Urs von Balthasar d’avoir permis la « reconquête du dramatique » dans la compréhension théologique de la Rédemption. Dans la perspective de l’époque (les années 1970), c’était chose entendue chez tous ceux qui essayaient de rendre compte de l’acte rédempteur du Christ sur la croix que la seule manière de le comprendre était, si l’on peut dire, « descendante » : de Dieu vers nous. Dieu n’attendait pas une quelconque « réparation » du côté de l’homme : son amour était gratuit et c’est lui qui prenait l’initiative du don, ce qui n’est pas faux, mais seulement incomplet. Voilà ce que déclarait un auteur en vogue à l’époque :
Bien loin d’exiger, pour que satisfaction soit donnée à sa justice, le sacrifice de son Fils, le Père, en sacrifiant son Fils, sacrifie ce qu’il a de plus cher. C’est dire qu’il se sacrifie lui-même. Le Père ne s’épargne pas lui-même. […]
Passion et en se dépossédant de sa vie même, traduit Dieu en gestes et en actes humains.
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