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N° 193 · juin 2026
La justice divine dans l’économie du salut
Aborder aujourd’hui le vaste thème biblique et théologique de la justice de Dieu se heurte d’emblée à deux difficultés. La première avait frappé les Anciens : comment attribuer une attitude telle que la justice à Dieu dans son rapport à nous ? En effet, il semble que la justice requière quelque proportion, égalité ou réciprocité ; mais quelle égalité peut-il y avoir entre Dieu, le Créateur et le Sauveur, et nous, ses créatures ? Si la justice est communément
définie comme le fait de rendre à chacun ce qui lui est dû, ce qu’il mérite, alors il paraît étrange, sinon sacrilège, de concevoir que Dieu nous devrait quelque chose. Bref, la relation de la créature à son Seigneur peut-elle se dire en termes de justice ?
La seconde difficulté est plus récente, elle naît de la mentalité chrétienne contemporaine, en réaction à une certaine « pastorale de la peur », pour reprendre l’expression de l’historien Jean Delumeau. Elle consiste à se demander si attribuer la justice à Dieu ne revient pas à perdre de vue l’essence du Dieu chrétien, qui est l’Amour, la bonté et la miséricorde. Parler de justice divine semble à certains chrétiens d’un autre âge, encore infantile et obscurantiste, défigurant…
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