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N° 193 · juin 2026

La cause tierce


Le point de départ de ces réflexions m’a été fourni par une remarque souvent entendue à propos des anges. « Les anges ne sont pas Dieu, à quoi bon les prier ? » Autrement dit, comment peuvent-ils obtenir quelque chose, être, en quelque façon, l’origine d’un événement, bon ou mauvais, alors que Dieu, dans sa providence, est le principe du gouvernement universel des choses ? Bref, quelle est la place des « providences » angéliques ? Il ne sert à rien d’esquiver la question de la causalité angélique en disant, par exemple, que les anges n’obtiennent rien par eux-mêmes, mais qu’ils supplient Dieu pour nous et que c’est Dieu seul qui agit ou répond à leurs prières (ce qu’on dit des saints)… Car, finalement, ou les anges, en demandant ce que Dieu veut, ne sont que des prétextes de l’action divine suscitée par lui (mais alors qu’en est-il des mauvais anges ?), ou on attribue à leur intervention une place particulière dans le surgissement de tel événement et il faut en préciser la nature, en sachant bien qu’il ne s’agit en aucun cas de les présenter comme dotés d’une puissance rivale à celle de Dieu.

La distinction philosophique de la « cause première » et des « causes secondes » peut nous…

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