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N° 193 · juin 2026
Nietzsche et la justice divine
Pour Gustave Thibon, il y a, bien sûr, chez Friedrich Nietzsche une pensée philosophique, mais aussi et surtout un drame intérieur : le drame d’un génie qui cristallise en lui le cœur de la modernité, de cette recherche existentielle centrée sur l’individu… qui, à force de se chercher, coupe peu à peu les ponts avec Dieu et s’isole des autres. En délaissant le Dieu d’amour qui s’est incarné et qui est allé jusqu’au sacrifice de la croix pour sa créature, Nietzsche, et avec lui la modernité, fuit le désir de ce Dieu qui aime l’homme et qui lui promet la vie éternelle à ses côtés. L’homme se retrouve alors seul avec ses propres forces, ce qui est absolument dramatique. La vie de Nietzsche le met tristement en évidence.
Pour le montrer, nous prendrons tout d’abord la mesure de la pensée de Nietzsche et de son itinéraire, puis nous tenterons une comparaison avec deux figures différentes qui ont illustré chacune à sa façon un effort pour sortir des impasses du solipsisme lié à modernité, il s’agit d’Albert Camus, puis de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Nietzsche et le christianisme Pour Nietzsche, le problème central de la philosophie se situe au niveau de l’homme… À la suite de…
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