← Tous les numéros

Numéro 193 · Juin 2026

Une bonne nouvelle : La justice divine

La justice divine dans l’économie du salut
Élie Collin

La justice dans la Biblie hébraïque : au-delà des préjugés
Isabelle Rak

La cause tierce
P.Michel Gitton

Éditorial, p. 9-10

« La justice divine : une bonne nouvelle ! » Voilà le message qu’aimerait porter la revue Résurrection dans ce numéro. Message revêtu d’une certaine simplicité au parfum d’Évangile, mais qui pourtant n’est pas seulement un slogan, quand on se penche sur cette question avec un peu d’attention.

Depuis le xviie siècle, le jansénisme a répandu dans l’Église un certain pessimisme sur les possibilités humaines qui s’est prolongé en rigorisme jusqu’au xixe siècle. Emmanuel Kant, son impératif catégorique et sa morale du devoir n’ont fait qu’accentuer cette tendance. L’Église a, dès ses débuts, condamné le jansénisme1, mais elle n’a pu empêcher que son esprit imprime durablement les consciences. Dans cette vision, la foi s’est souvent trouvée prise dans une logique de justice rétributive, et le sacrement de confession s’est rétréci en une casuistique ne laissant plus de place à la miséricorde de Dieu. À cette étape, on peut déjà dire qu’une saine vision de la justice divine a été perdue.

En réaction à ces courants, les réponses ont été fort différentes. Citons bien sûr Nietzsche, Victor Hugo ou sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Au nom de la miséricorde, une certaine suspicion sur la notion même de « justice divine », tout aussi dommageable, s’est progressivement installée. Si nous voulons affirmer que la justice divine est une bonne nouvelle, c’est que la « vérité rend libre », comme le dit Jésus, qu’elle clarifie le regard et nous ouvre un chemin en direction du salut. Bien comprendre la justice divine, c’est bien comprendre l’amour de ce Dieu qui cherche à nous apporter le salut.

Quand nous lisons le déploiement de l’histoire du salut dans ses différentes étapes, nous voyons la présence de cette justice divine. C’est ce que nous expliquera Élie Collin.

Une étude attentive de l’Ancien Testament, partant de l’étymologie des termes hébraïques référés à la justice, et faisant également appel à certains commentaires juifs fort intéressants, en particulier sur la loi du talion, nous montre combien cette justice est empreinte de la bonté de Dieu qui veut valoriser sa créature. Isabelle Rak nous redit combien il est vain d’opposer l’Ancien et le Nouveau Testament à ce sujet.

La justice divine n’est pas non plus toujours bien comprise à cause de la présence du mal dans le monde. La question se pose : quel rôle donner aux anges et spécialement à Satan et à ses émules ? Pourquoi Dieu les tolère-t-il ? C’est ce que tente de nous expliquer l’article du père Gitton, nous parlant de « cause tierce ».

Pierre-Henri Beugras nous montre ensuite comment certains événements dans nos vies peuvent être relus, à la lumière de la foi, comme des chemins d’expiation, revisitant ainsi la notion de « châtiment ».

Mais faut-il parler de châtiment ou de « conséquence » de notre péché ? Celui-ci a en effet un prix : il crée un désordre dans le plan voulu par Dieu, désordre dont nous sommes nous-mêmes victimes. Et il appelle de notre part à une compensation. C’est ce que démontre l’article de Gabriel Nanterre.

Suivra ensuite une étude consacrée à l’apport des Pères de l’Église sur la question de la justice divine, menée par le père Valérry Wilson. Enfin, nous finissons avec l’évocation de la figure, si importante dans la pensée moderne, de Nietzsche. Son refus radical de toute justice divine nous fait pénétrer dans le ressort secret de l’athéisme contemporain. Face à cela, dans un souci d’espérance et pour montrer que d’autres voies sont possibles, même à l’époque moderne, la pensée de Nietzsche sera comparée par Gatien Havet à celle d’Albert Camus… et à celle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus !

Note de bas de page
  1. Cf. la condamnation en 1653 par le pape Innocent X des cinq propositions tirées de l’Augustinus de Cornelius Jansen, évêque d’Ypres (qui a donné son nom au jansénisme). ↑

7 articles

Se procurer ce numéro

Revue papier

L’exemplaire imprimé

Le numéro au format A5, expédié chez vous.

12,00 €

Vente et expédition assurées par Première Partie.