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N° 191 · avril 2025

L’ontogenèse de Simondon et Lautman : Une approche féconde pour le dialogue entre science et foi ?


Introduction : la pensée et le devenir L’idée d’évolution suppose les notions de devenir et de genèse. La science a su rationaliser le devenir, en décrivant les lois du mouvement puis en dégageant les grands principes de l’évolution qui permettent de reconstituer l’histoire du vivant. Mais cette intégration du mouvant, du devenir, ne va pas de soi en philosophie. Pendant longtemps, celle-ci a écarté le devenir au profit de l’être, de la stabilité. Enfin, au xxe siècle, la philosophie s’est placée en gardienne du devenir (de l’existence humaine, notamment) contre sa rationalisation scientifique. Nous pensons que cette oscillation entre des positions extrêmes appauvrit le rapport entre science et philosophie. Or, si on admet que la philosophie joue un rôle de médiation entre science et théologie, il faut reconnaître aussi que cette médiation est ambiguë : elle relie ou sépare selon la doctrine philosophique. Et, de fait, deux grands courants philosophiques majeurs ont contribué à fragiliser, chacun à leur manière, le dialogue entre science et foi.

D’un côté, le positivisme logique (Russell, Carnap…) a voulu tracer une séparation brutale entre science et métaphysique. N’est rationnel…

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