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N° 191 · avril 2025
Science et foi convergent dans la vision évolutive du monde
La plupart des philosophes grecs pensaient, chacun à sa manière, que le monde était éternel. Cela ne voulait pas dire qu’il était immuable : « rien n’est permanent, sauf le changement », disait Héraclite (544‑480).
Au commencement… La Bible au contraire, dans la suite de certains mythes chaldéens – et donc sémitiques – nous dit que l’univers a un commencement et que, « au commencement », il a été créé par un Dieu unique. Conception acceptée par les juifs, les chrétiens et les musulmans. Saint Thomas d’Aquin1 pose la question de la manière suivante : « la raison seule (et pour lui, la raison, c’est Aristote) conduit à l’idée que l’univers est éternel, il nous faut la foi (dans la Révélation) pour comprendre qu’il y a une Création ». Il reflète ce que pensaient presque tous ses contemporains. Nous serions tentés de dire aujourd’hui le contraire : la foi (celle des athées) nous dit que le monde n’a pas de commencement, pourtant la science
1. Saint Thomas d’Aquin, L’éternité du monde, Vrin, Paris, 2020.
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